Un texte pour jeter des sorts à la mort, la prendre par les cornes pour mieux la dissoudre et la renvoyer à ce qu'elle n'est pas. Opposer aux derniers jours une mémoire des instants, la force d'une littérature sans effets, la puissance de liens intimes, la présence des vivants, la tendresse mêlée de bienveillance d'une fille pour un père qui s'efface à petits feux. Shlomo perd la mémoire et la retrouve en de brefs instants, lucide et sagace sans le vouloir ( Dis, papa, tu sais qui je suis ? Qui pose la question ? ), digne et timide, puis disparaît parce qu'il n'est qu'un être humain. Sa fille veille, le soutient sans condition, l'interroge et prend des photos sur "la pellicule de sa mémoire". Ce livre alors comme un album sépia où chaque scène creuse des bouts de vie, peint le tableau d'une humanité jamais aussi présente pour n'en garder que l'optimisme. Il semble qu'une proximité nouvelle puisse éclore précisément au momen...
Chroniques littéraires