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Articles

Affichage des articles du octobre, 2022

Éloge de l'imperfection, Hassan Wahbi (Al Manar)

 La poésie de Hassan Wahbi, professeur au Maroc, est une modeste lumière dans une nuit sans rivages, mais pas sans étoiles. Elles veulent briller dans une moitié de connaissance, au pays du non-savoir, dans une ignorance heureuse et salutaire. Il faudrait saluer nos failles, nos manques, là où rien n'est achevé et là où le destin choisira pour nous car trouver, c'est toujours trouver ce qu'on ne cherchait pas, ce qu'on n'osait pas chercher. C'est bien connu, c'est en ratant la cible qu'on touche le centre, souvent. Éloge de l'imperfection comme une ode à nos caresses manquées, à nos souffles inachevés. Hassan Wahbi procède par petits chemins et petites branches qu'il sème sur des sentiers inconnus. Il existe un monde caché, invisible mais bien réel, celui du possible des possibles que la force des habitudes est impuissante à étouffer. C'est là, juste là, dans les mystères et les énigmes, les signes ennuyeux d'un alphabet répété qui, pourt

Not Love Perhaps, A.S.J. Tessimond (Faber Finds)

 Maybe, it is not love. That is the repeated or nagging question of those selected poems by Tessimond. Little miracles of sweetness and wit in these texts, reflecting the haunting condition of lovers, cats ("no less liquid than their shadows") and stairs. Do you love me or not ? Is it passion or just boredom ? Our lovers love chatting after attempted escape from love. Tessimond may not be the most famous poet on this Earth and it is a pity for his work is deliciously sensitive and funny, the kind of giving you fun and making you smarter. Yes, it is possible to entertain yourself and reflect without hassle while reading poetry. Of course, it deals with love to embrace more than just love. It is about our failures as lovers, our vulnerability when it comes to feelings. We are haunted and obsessed with the figures of perfection, we still believe the charming prince will save us, and fill in all the gaps but animals like humans are deaf. We talk but don't listen, we have the

Les Corps solides, Joseph Incardona (Finitude)

 Ça commence souvent bien un bouquin de Joseph Incardona. On se laisse prendre au jeu d'une écriture simple, fluide et agréable, le temps de poser le contexte et les personnages. On va droit au but, ça file et ça surfe. Puis, assez rapidement, le plaisant tourne à la caricature simpliste. Une femme, veuve mais battante, et son enfant, Léo, fan de surf, vivent sur la côte atlantique, dans un mobil-home, sans le sou. Juste le surf pour oublier une vie de merde. D'ailleurs, la mère est une ex-championne qui fait son deuil en fumant des joints. La dame tient une rôtisserie mobile qui perd de l'argent. Il y a des traites à payer, des prêts à rembourser et, cerise sur le gâteau, le fils est harcelé puis agressé au collège par un certain Kévin, qui se trouve être le fils de Charlotte avec laquelle travaille Anna, la mère de Léo. Puis il y a cet accident de la route, la rôtisserie out, l'assurance qui ne remboursera pas à cause du joint fumé juste avant. Rien ne va et ce n'

Carla on my mind, Cyril Montana (poche, J'ai lu)

 La rupture amoureuse mène tout droit au vol de vélo en ville ou à l'hôpital psychiatrique. Ça peut vous conduire aussi sur un bateau-mouche à délirer en compagnie de charmants invités qui veulent votre peau. Carla, c'était sa drogue, sa dépendance, son trauma, sa transe... Cyril Montana écrivait en 2003 sur le sujet le plus rebattu au monde, l'amour et ses tracas, les sentiments et leur fin, bref le chant de l'impermanence. On s'aime et on se quitte, on se rencontre et on va rompre. Etats d'âme d'un trentenaire sous forme de romance nerveuse, Carla on my mind décrit les affres de l'abandon, de la solitude et cette putain de boucle mentale qui assaille quand on vient de se faire larguer. L'obsession, le délire, la descente aux enfers en apnée, un manque impossible à combler. L'amour est un salaud. Pas de renaissance, juste une profonde léthargie mi-amusée mi-désespérée, une dépression mélancolique parfois contemplative. Torpeur angoissée, joie d