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Affichage des articles associés au libellé banlieue

Nos corps étrangers, Carine Joaquim (La Manufacture de Livres)

 On frôle souvent le pire dans ce roman pour finir par s'y jeter les yeux fermés, un peu hagards et sidérés face à la négation de ces corps à peine libres et souvent contraints, toujours un peu étranges ou même étrangers à nos désirs réels. Rien ne nous sera épargné dans ce "roman pavillonnaire". Un couple fragile quitte Paris pour rejoindre la banlieue et se donner une nouvelle chance. Stéphane, Élisabeth et leur fille unique Maëva vont vivre une nouvelle vie à l'air libre, avec jardin, espace vert et pavillon. Mais très vite, Stéphane ne supporte plus les trajets interminables en R.E.R et Maëva déteste ses parents qui l'ont coupée de ses amis d'enfance. Dans son nouveau collège, elle fait la connaissance de Ritchie, un grand gars aux épaules larges dont l'âge, treize ans, suscite le doute. Et dans cette classe, un autre élève atteint d'une maladie suscite les sarcasmes de ses camarades... Vague impression que l'histoire ne démarre jamais dans Nos...

77, Marin Fouqué (Actes Sud)

     Premier roman pour Marin Fouqué, ou plutôt première résonance réussie tant l'écriture du jeune rappeur fait mouche dès les premières notes. Voilà pourtant un sujet peu funky, la vie d'un mec encapuchonné qui raconte sa life sous un abribus de la Seine-et-Marne, dans le sud sept sept (plus exotique) : bagarres, intimidations, pylônes, peines, voitures qui passent — gris, rouge, jaune —, sur la nationale, premiers émois, premières lattes et premières trahisons, crachats et bédos. Des potos aussi, la fille Novembre, le grand Kévin, Enzo avant le Traître et des souvenirs, des fuites, des délires d'ados dans une ville-dortoir sans âme, bien sûr, sans grandes joies, bien sûr, sans horizon tracé, bien sûr... Yo.     Chronique d'un entre-deux coincé entre Paris et la province, la ville et la campagne, cette chanson de 200 pages décrit aussi une transition adolescente, de succès foireux en découverte d'une sexualité à part et rêves misérables. Les histoir...

Protocole gouvernante, Guillaume Lavenant (Rivages) ★★★☆☆

    Grandeur et misère de nos vies pavillonnaires, luxe et décadence des familles propres sur elles. Le vernis craquelle chez les bourgeois lorsque débarque la gouvernante : le parquet gondole, la porte grince, le compte en banque est en sursis, Elena cauchemarde, le daron perd ses moyens. Des existences réglées comme du papier à musique déraillent, avancent de traviole quand le club de motards prend les rênes d'une vaste machination, option révolution. Pelouse taillée, haie taillée. Maison cossue, foyer aisé. Gouvernante impeccable, digne de confiance : teint soigné, vêtements soignés, pas régulier, mots pesés. Vous inspirerez confiance, ils vous aimeront, se confieront.  Vous leur serez indispensable. Vous serez patiente jusqu'au grand soir.     Pas mal, pas mal du tout ce premier roman de Guillaume Lavenant chez Rivages. Ca démarre presque trop fort car il faut parvenir ensuite à tenir le rythme, le dispositif, maintenir la tension et le mystère...