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Top 10 BD 2010

Pour commencer l'année 2011, le top 10 des BD 2010

Lint, Chris Ware, 20ème volume de l'Acme novelty library: l'histoire ordinaire d'un homme seul et triste dans une Amérique aseptisée et désenchantée. Brillant, comme toujours.


- Wilson, Daniel Clowes: Avec Chris Ware, le plus grand storyteller actuel. Wilson vit la crise de la quarantaine. Cynique, méchant, misanthrope, égoïste et néanmoins très attachant, il cumule défauts et qualités. Terriblement humain, implacable et touchant. Une vraie réflexion sur le monde et la solitude existentielle. Une œuvre désenchantée et poétique.

- Quai d'Orsay, Blain, Lanzac. Engagé par le Quai d'Orsay pour s'occuper des "langages" de son ministre, Arthur Vlaminck découvre la frénésie des milieux diplomatiques. Blain au sommet dans un univers de technocrates. Ou l'énergie mise en image. Jubilatoire et étonnant.

- Le rayon de la mort, Daniel Clowes: Misanthrope et solitaire, Andy nourrit à l'égard de ses semblables une haine farouche, doublée d'une soif de vengeance irrépressible. Voici les tribulations d'un ado devenu super-héros dans l'Amérique ordinaire des suburbs... Brillant ! Ou quand Daniel Clowes revisite les comics  de super-héros à sa sauce: potache, parfois grotesque, mais toujours fin. Intelligent.


- Welcome to the death club, Winschluss: brillant exercice de misanthropie et d'humour noir. Pour vedette: la mort et ses conséquences. Irrévérencieux, hilarant et cynique. Par l'auteur du sublime Pinocchio, primé à Angoulême.


- Les Noceurs, Brecht Evens: une plongée éthylique dans les profondeurs de la nuit. Exotique, lucide, éthéré, un beau travail graphique. Ou quand illusions, désenchantement et gaieté se mêlent pour offrir un cocktail mélancolique. 

- Blaise, Dimitri Planchon: des saynètes délicieusement cyniques fustigeant la médiocrité de nos contemporains. Satire irrévérencieuse et sans pitié de la France postmoderne à travers un ado laid et pas très futé. Drôle à s'en faire mal aux oreilles!

- Toxic, Charles Burns: du David Lynch en BD, avec des réminiscences de Mulholland Drive. Un Tintin moderne, fade, perdu dans les mystères de la conscience. Une magnifique plongée dans la psyché humaine. Attention, difficile d'en sortir indemne.



- Las Rosas, Anthony Pastor: une chronique sociale sur fond de drame familial, au cœur du désert mexicain. Mélange de telenovelas, de tragédie grecque et de "western tortilla". Brillant emboitement des récits, des registres et des genres. Un bel hommage aux laissés-pour-compte et autres marginaux du rêve américain.

- L'éternaute, 1969, Oesterheld, Breccia: une neige radioactive tombe sur Buenos Aires. La fin du monde est proche. Un récit apocalyptique aux accents bibliques. Une œuvre majeure de SF en BD. Vivement recommandé.

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Le Silence des carpes, Jérôme Bonnetto (Inculte)

Jérôme Bonnetto, je l'ai découvert l'an passé avec La Certitude des pierres  grâce, il faut bien le dire, aux éditions Inculte. Une magnifique rencontre littéraire et je sais désormais que je ne suis pas seul. Même les lecteurs les plus exigeants autour de moi ont aimé, c'est dire ! D'abord une écriture purement littéraire, joueuse et ironique, qui aime les images simples mais évocatrices. Aucun excès dans les mots, on sent le naturel de la prose qui est sans doute l'autre nom du talent. Jérôme Bonnetto pourrait écrire sur le bottin, les pneus, la façon de découper un gâteau ou la République Tchèque que je le lirais. Ah, bah tiens, il nous parle justement de tout cela dans Le Silence des carpes ! Fabuleux ! Alors allons-y car mes connaissances sur le sujet se sont fracassées sur le mur de Berlin, ou plutôt le rideau de fer des illusions communistes. Quand je fais le point, je connais Jaromir Jagr, le coup de Prague, Dominik Hasek, Panenka, le Printemps de Prague, 19

L'Avantage, Thomas André (Tristram)

 Avantage service, 40A, break, égalité. Alors, tu chopes ou tu liftes ? Premier roman assez intrigant, indécidable jusqu'au bout, qui m'a rappelé les deux Nathalie, Tauziat et Dechy. Forget, Pioline et Thierry le champion. Bon, vous le savez, sport et littérature font bon ménage chez L'Espadon et quand un livre paraît chez Tristram, c'est plutôt gage de qualité (Nina Allan). Bon. Ce roman m'a confirmé une chose, je préfère largement le tennis en littérature qu'à la télé ou en vrai — donc sa représentation—, un des rares sports à m'ennuyer, à me mettre en rage quand je m'y adonne. Un certain nombre de grillages se souviennent de mes emportements après un coup raté, les raquettes ébréchées aussi. Car L'Avantage nous rappelle que le tennis est un sport de brèches et de failles. Il faut un mental en béton pour renvoyer les coups, droits, liftés ou chopés. Slicés (slayecés ?) ou lobés, un peu de talent aussi mais alors un talent qui s'ignore peut-être

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