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Fête ou farce du siècle?

Niccolo Ammaniti: La Fête du siècle?

Et voici le retour de l'auteur italien Niccolo Ammaniti, déjà remarqué pour son roman Comme Dieu le veut, chronique sociale sur des prolos un peu nazis alcoolo mais toujours attachants. Délaissant le monde ouvrier et sa misère, Ammaniti s'attaque dans La Fête du siècle à la upper-class bling-bling, ivre de soirées VIP clinquantes, n'hésitant pas à se vautrer dans  le luxe exubérant. On suit donc deux histoires en parallèle : celle, pathétique, d'un écrivain à succès en panne d'inspiration et celle d'un gourou de secte satanique (la secte, sur le point d'être dissoute, compte quatre personnes), prisonnier d'une femme, d'une famille et d'un travail qu'il n'a pas choisi, prolo la journée, chef un peu gauche le soir. Son problème : il n'a jamais su dire NON! A qui que ce soit, sauf à Satan, le seul à l'avoir compris! Et les destins de ces deux paumés vont se rejoindre au cœur de Rome l'éternelle.

Farce débridée enchaînant les scènes loufoques, critique violente et burlesque de la société du spectacle, Ammaniti donne à voir un monde en pleine décadence où l'art du paraître est poussé à son comble. Si vous voulez, Ammaniti est un peu le Bret Easton Ellis européen. Car le bouquin est tour à tour drôle, absurde, violent et d'une beauté rare, l'alchimie des contrastes insufflant originalité et gravité. On rit souvent face à la justesse de ton, emballés par une écriture très sèche et vive qui exhume l'essentiel. Reste des passages parfois longuets (encarts historiques en début de partie) et surtout, une scène de cul d'une violence incroyable (amour ou haine, allez savoir). Puis le roman offre un final apocalyptique digne de la Bible, d'une drôlerie sans pareil. Grave et léger, sérieux et drôle, débridé et joyeux, La Fête du siècle est une critique intelligente de ce qu'a produit la modernité, du vide affectif et du désenchantement, en plus d'être l'éloge assumée de la capitale italienne et de son histoire. Vivement conseillé, même si les lendemains de lecture sont difficiles. (4/5)

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Le Dernier loup, László Krasznahorkai (Cambourakis) ★★★★★

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La rentrée littéraire (septembre 2019)

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Le Chien de Madame Halberstadt, Stéphane Carlier (Le Tripode) ★★★★☆

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L'Appel, Fanny Wallendorf (Finitude) ★★★★☆

Oregon, 1957. Richard est grand, dégingandé, un peu gauche et absolument pas doué pour le sport. Pour pas grand-chose en réalité. Simplement, il n’est pas dans son corps, il l’habite mal. Son surnom, « l’Hurluberlu ». Un athlète nerd quoi. Sourd aux injonctions, aveugle à son destin, il se réalise pourtant dans la formulation instinctive d’une technique parfaite. Son kif, c’est le saut en hauteur. Seulement voilà, si « ce gamin dépasse tout le monde d’une tête (…), il est souple comme un verre de lampe… ». Bref, c’est pas gagné. Il a 10 ans, inscrit dans un club de saut en hauteur et peine à en comprendre l’intérêt. Ce qu’il veut, c’est jouer, s’amuser, suivre sa voie. Sans calcul, sans ambition. Être lui, simplement, jusqu’au bout. Et comme toujours, c’est quand on renonce au but qu’il vient à nous. Pas tout à fait à l’aise avec ce qu’on lui enseigne, il tente un jour un saut inédit : le ventre face au ciel, le saut dorsal à la place du traditionnel ciseaux. C’est fait, sans le vou…

Mes coureurs imaginaires, Olivier Haralambon (Premier Parallèle)

Giro mon ami ! Et bientôt le barnum annuel en jaune ! L'occasion d'enfourcher notre bicloo et de foncer tête baissée, mains au creux du cintre pour vous chroniquer les bonnes sorties sur la Petite Reine. Ok, on vous voit froncer les sourcils, faire la moue et croiser les bras : du vélo sur L'Espadon, franchement, un sport de benêts et de bourrins dopés ? C'est pour les Marcel, du pastis, du béret et de la baguette...





  Vous auriez tort car Olivier Haralambon est aujourd'hui l'une des belles plumes du cyclisme moderne, aux côtés de Philippe Brunel, journaliste à L’Équipe. Lire Mes coureurs imaginaires, c'est saisir autrement les subtilités du pédalage et de la danseuse. Éclairer notre regard sur ces corps en mouvement, offerts en sacrifice à une foule electrisée. Car Olivier Haralambon griffe les pages comme on caresse les pédales. Avance plutôt en vélocité qu'avec la braquasse, même si les bûcherons ont leur charme. Si vous avez lu son précédent livre,…