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La vie poème, Marc Alexandre Oho Bambe (Mémoire d'encrier)

 Je crois qu'il n'aimerait pas, mais je pourrais tout à fait élever une statue à la gloire de Marc Alexandre Oho Bambe, à sa poésie vibrante, à son énergie et à ses tempos qui nous rendent heureux. Ses chaloupés de mots, sa danse de vers libres et libérés, sa musique envoûtante. Peu de recueils me donnent autant de joie, de plaisir et de bonheur que ceux du poète. La vie poème, c'est une chanson qu'on entend à jamais, du rap cadencé, du spoken word, du zap peace and fun et du tip top. Ça tape et ça claque, ça clame et ça slame à Grand-Bassam, ça chaleur et ça one love.

 Volontiers lyrique et fraternel, Capitaine Marc déroute pour s'adresser à ses frères humains, ses soeurs de destin, en poète qui donne de son corps, coeurs et âme, dans le feu de la foi, dans la loi du peu qui donne beaucoup, au firmament de nous m'aime, pour l'ivresse, la liesse, les horizons qui chantent et les mains qui tentent de prêter main tendre à l'avenir, à nos souvenirs du futur. C'est d'un beau, bassin revigorant d'amour altruiste, qui silence et cadence, écoute avec des doutes. Avec le poète, nous savons que nous sommes responsables de notre petite musique existentielle, Libres / De la tragédie / Ou de la magie / Qui courent autour, libres de creuser au fond de nous pour trouver des trésors d'orage, des mètres cubes d'espérance. Oui, au loin, très loin, rien qui ne retient la lumière cachée derrière Les pages / Du livre de l'exode de ton âme. Conteurs de feu à la fête, indomptables voleurs de foudre Vivants vibrants / Dans le tempo / Des mots / Et des actes qui délivrent / Des egos mortifères. 

La poésie nous (r)amène / À la rive de nos rêves / À la rime de nos révoltes / Au rythme de nos espoirs / À l'arrêt de nos "je" d'ego sans égal / À l'art qui nous lie et nous livre ensemble /Au mystère des étoiles ramassées / Dans la fange ou sous les pavés / La page

Rêves flous pour nous tenir debout, pas de liane pas d'entrave, juste de doux aliénés. Ode aux fous perchés qui résistent nourris, à marée haute, d'amour et de tendresse. Il réclame un monde plus beau, plus chaud, déclame des vers plus gros et slame sur le beat du roulis de la vie qui pulse. C'est rare en poésie, mais j'ai tout à la fois envie de prendre mon temps sur le beat je plane, et d'accélérer le tempo comme dans un bon page turner tout chaud. La poésie de MAOB est magie et envie, stimulante et vibrante, ode aux vulnérables, aux ingouvernables, aux apatrides privés de port qui rient qui pleurent devant les coups tordus les mains tendues. Vivre dans des phrases ambulantes, refuges des âmes orphelines amarrées à la beauté, mais laquelle ? Celle de la poésie qui vit dans la mémoire du monde et avance sur la pointe des pieds, humble bouquet de mots offert en partage. La vie prend feu, les étoiles brillent de mille voeux Sang qui bout / Coeur qui bat / Verbe qui danse / Transe du jour / Trame d'amour / Thème poème /. MAOB nous désarme, vainc toutes nos résistances critiques pour nous offrir son chemin d'écriture, sans ego et sans projo, juste un mojo, la foi dans les mots. Pas de carrière tracée, aucune aigreur frontalière, pas de bannière acérée. Du temps qui s'étiole / Qui défile en étoile, simplement. De la mélanfolie simple et lumineuse pour être là où nous ne serons jamais, pour être libre, puisque nous sommes de là où nous allons, ensemble, arrachés au temps qui consume, harnachés à la beauté funambule. Des rives et des rêves et, peut-être au bout, un grand lac de plénitude. Pour savoir, il faut lire entre les lignes des vivants et écouter l'existence dans le silence. C'est un grand calme la poésie de MAOB, un océan de sérénité, sans résistance, de courage et d'espérance. Ça tambourine dans le corps, de sensations et d'émotions, et ça rassure le coeur cette caresse au levant de la conscience. Alors un grand merci pour cette Vie poème Capitaine Marc, avec vous l'humanité et la poésie ont de beaux jours devant eux. Plus de matins gris et sous les pavés, l'espoir. Une main tendue. La lumière. And the beat goes on. Haut les coeurs !

Tout peut être annulé / Sauf nous / Nos rêves fragiles / Nos voix de feu / Nos voeux de fous

                                                                                                                                                                  

La vie poème est un long fleuve tranquille, Capitaine Marc à la barre, Mémoire de nos pères, de nos mères d'encrier, août 2022 au soleil d'Abidjan, 14 € de partage et de bonheur

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