Accéder au contenu principal

Vendredi poésie #9 : Kae Tempest, François de Cornière, Xavière Mackay, Goliarda Sapienza

 Presque un mois sans poésie sur L'Espadon, c'est impensable. Alors le poisson revient la rage au bec, non pas avec trois mais quatre beaux recueils pour ce vendredi poésie #9, placé sous le signe du quotidien. Les identités plurielles avec Kae Tempest, la douceur d'instantanés avec François de Cornière, le quotidien en quête de pont et de lien de Xavière Mackay et l'unique Goliarda Sapienza, poétesse à ses débuts, qui nous entraîne avec elle dans ses mélancolies solitaires.

Étreins-toi, Kae Tempest, L'Arche, Des écrits pour la parole bilingue (trad. par Louise Barlett), mai 2021, 224 p., 16€

Belle découverte que ce recueil proposé en version bilingue, parcours d'un garçon transformé en femme inspiré de la vie de Tirésias, devin aveugle de Thèbes puni par Héra. Étreins-toi comme une invitation à parler et déclamer, moins du genre que d'un désir pluriel, des "multidentités" et la façon de l'accepter sans juger. Le jeune garçon, baskets aux pieds commet le péché de séparer un couple de serpents enlacés. Punition d'Héra qui le transforme en femme. Renaissance au présent, au véritable moi intérieur, ce recueil de poèmes versifiés entend, par son slam habité, donner voix aux êtres de côté, entre deux, faire éclater les figurations ou représentations simplistes des déterminations genrées. Pas de morale ici sinon celle d'aimer librement. Laisser un espace d'expression, sas de métamorphose. Pas de recours au mythe pour faire la leçon ou l'explication mais un filtre-miroir de nos aveuglements à valeur de prophétie. Là où tous ces livres échouent, c'est dans la représentation vulgaire d'un parcours autobiographique. Qui existe ici mais Kae Tempest dépasse sa propre histoire en la rattachant à des valeurs ou des thèmes qui la dépassent : le désir, l'amour, le sexe, la découverte de soi pour montrer une identité et un corps en tension vers une libération. Un recueil ancré dans notre époque qui saisit des passages, des figurations et des altérations entre différents pôles : les genres, les époques, le ciel et la terre, le mythe et le réel, jusqu'à une délicieuse confusion. Mais le mieux est encore de se laisser bercer par la musique et cette oralité qui claque. Car s'il y a de l'amour, on sent aussi une rage tapie qui tient autant d'une ignorance (ce qui nous dépasse) que d'un refus d'accepter le monde tel qu'il va (pour faire vivre la marge qu'on ne veut pas voir et qu'il faut faire entendre). Urgence de dire, de crier, en chanson et en rap, qu'on veut être dans un lit avec l'être aimé. On est dans le pur mouvement ici, conte réel de métamorphoses par la langue, en phrases courtes, qui captent les colères de l'adolescence, les solitudes et leurs mélancolies, images fugaces d'un monde à renverser, quitte à brûler ce qu'on aime. Fuck the poem écrit-iel. Un mélange sensuel de fête, d'empathie radicale et de parole libre. Très beau.

Quelque chose de ce qui se passe, François de Cornière, Le Castor Astral, 160 p., 14€

Donner à voir et entendre ce que l'on ne voit pas dans les plis invisibles du quotidien. Au fond, c'est le rôle de l'art en général et de la poésie en particulier. Saisir, capter, s'extraire de l'urgence, capturer le détail qui fait son. Sens, peut-être. On baigne dans la douceur et l'intimité avec François de Cornière dont je ne connaissais rien de l'oeuvre. Une petite musique qui respire l'humilité dans sa façon de s'emparer de tous ces riens avec tendresse et prudence. Il n'est pas sûr de pouvoir en tirer quelque chose (de ce qui se passe) mais il essaye, tente et tâtonne. Qu'il évoque ses amis, leurs écrits, les instants de la journée, les lieux, ce qu'il voit et entend sans vraiment le voir et l'entendre, le poète tente par ses mots d'imaginer le réel à partir d'instantanés, d'injecter un peu de je-ne-sais-quoi, de joie peut-être, dans ce maelstrom privé de sens, oscillant entre images très concrètes et sentiments plus diffus qu'on pourrait appeler émotion. Saisir et tracer des flèches pour capturer l'invisible, l'imperceptible, l'infinitésimal. Les mots ont-il le même pouvoir que le microscope ? Jusqu'où peuvent-ils aller ? Si le recueil ne se dérobe pas à une belle forme d'impuissance, comme tous les livres qui s'interrogent sur leurs moyens, il ne renonce pas, jamais, et c'est là sa beauté. Et ma foi, il finit par faire ressentir l'imperceptible, par créer un léger trouble dans la brèche. On prend la vague et on se laisse bercer sans savoir où aller car on sent que la direction est la bonne. Une façon de saisir la fragilité des choses qui ne durent pas. Leur impermanence. Des poèmes très fluides, subtils et délicats à fleur de quotidien, des histoires de vélo et de dialogue avec ce qui nous échappe. Comme fixer par les mots, un temps bref, la fuite. On aime beaucoup !

Pont Rhodia, Xavière Mackay, Le Quartanier, 2019, 65 p., 13€

Encore le quotidien avec Xavière Mackay, mais un quotidien écartelé entre la vie de famille, foyer rassurant et tonifiant, et l'aliénation au travail que symbolise la présence du pont Rhodia, qu'il faut traverser en bus pour aller au job. Ecrire de la poésie dans un transport en commun et saisir des états, des instantanés, faire le tri entre ce qui compte, ce qui est beau et ce qu'on déteste. Une façon de s'oublier en "quête du non-être", dans son rapport aux autres malgré les hivers et le froid canadien. Franchir le pont Rhodia, c'est aller de l'autre côté. De soi, des autres, voir le monde sous un autre angle. S'abstraire ou se complaire ? Partir pour aimer mieux dans cette jolie chronique familiale au miroir des déplacements, des éloignements, des séparations nécessaires. Beaucoup d'amour ici, des solitudes qu'il faut penser, combler, chanter, des poèmes qui secouent comme le givre fait claquer les dents, sans s'interdire de mélanger les langues (anglais-français). Trouver de la beauté au-delà des pare-chocs et du béton médiocre, partir mais, pour aller où ? Petites pensées sur l'écriture, les paysages traversés, des trajets pour dire les humeurs et les petites altérations du langage, des états —la fatigue des voyages, du travail, la joie de penser aux proches... Une lutte contre la tristesse, contre l'esprit qui se consume, ne pas être déjà aigrie à trente ans, capter la légèreté du fleuve, oublier l'absence coupable, l'attente sans fin des heures des heures des heures quand elle pense à Jean et Auguste, retenir l'essentiel. "Who cares de ses petits poèmes, de sa job de merde ?" "Le goût d'écrire persiste-t-il sans pont ?" Un fils, le salut et de l'amour comme un lien invisible mais bien réel. Se réapproprier sa vie, son temps dérobé, ses pensées pour traverser le fleuve, conjurer les peurs. Un très beau recueil, qui nous parle intimement.

Ancestrale, Goliarda Sapienza (trad. par Nathalie Castagné), Le Tripode, mars 2021, 360 p., 20€

Et si la poésie était la porte rêvée pour entrer dans l'oeuvre immense de Goliarda Sapienza ? Je pose la question sans avoir la réponse. Le Tripode, qui édite les oeuvres complètes de l'italienne, met à l'honneur ses premiers écrits datant des années 50 où l'on devine déjà les motifs de ses livres suivants. Le rapport aux parents, les mélancolies de la solitude et la puissance du désir, où l'on découvre un autre visage, une autre tonalité. Éros et Thanatos au miroir des corps et des chairs, la nature en contrepoint. Soulignons le travail éditorial : un poème (court) par page. Alors oui, ça augmente le coût pour l'éditeur (et le lecteur) mais quel plaisir de lecture, doublé par la traduction italienne de Nathalie Castagné qui a décidé de rester dans une approche sensible des textes, en privilégiant le rythme. Si j'ai aimé un certain nombre de ces poèmes (pour leur musique, leur brièveté, leurs images), je ne suis pas marqué par un univers ou une identité forte de poétesse. Et c'est là que lire toute l'oeuvre de l'Italienne prend son sens, dans les allers-retours et les échos des textes, des romans, des carnets, des lettres. C'est d'ailleurs le principe d'une oeuvre, chaque livre contribuant à façonner le grand tout pour lui donner un sens, ou au moins un fil. J'ai lu Ancestrale dans cette perspective d'éclairage. Bien m'en a pris. Encore une très belle initiative du Tripode.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le Silence des carpes, Jérôme Bonnetto (Inculte)

Jérôme Bonnetto, je l'ai découvert l'an passé avec La Certitude des pierres  grâce, il faut bien le dire, aux éditions Inculte. Une magnifique rencontre littéraire et je sais désormais que je ne suis pas seul. Même les lecteurs les plus exigeants autour de moi ont aimé, c'est dire ! D'abord une écriture purement littéraire, joueuse et ironique, qui aime les images simples mais évocatrices. Aucun excès dans les mots, on sent le naturel de la prose qui est sans doute l'autre nom du talent. Jérôme Bonnetto pourrait écrire sur le bottin, les pneus, la façon de découper un gâteau ou la République Tchèque que je le lirais. Ah, bah tiens, il nous parle justement de tout cela dans Le Silence des carpes ! Fabuleux ! Alors allons-y car mes connaissances sur le sujet se sont fracassées sur le mur de Berlin, ou plutôt le rideau de fer des illusions communistes. Quand je fais le point, je connais Jaromir Jagr, le coup de Prague, Dominik Hasek, Panenka, le Printemps de Prague, 19

Taormine, Yves Ravey (éditions de Minuit)

 Le Ravey annuel est arrivé. La carrosserie est un peu cabossée, l'aile droite avant surtout, mais le moteur est toujours rugissant. On ne se lasse pas de la mécanique littéraire mise au point par l'auteur même si, à chaque roman, Yves Ravey nous vend à peu près la même voiture. Mais quelle voiture, hein ! Le standard dans la nouveauté. Toujours connue mais jamais vraiment la même. Un peu de liquide de refroidissement, du filtre à huile, du car wash plus et un délicieux polish au goût de malabar, voilà la recette du maître. Soit un petit couple, Melvil et Luisa Hammett, sur le point de se séparer et qui tente de se rabibocher par un voyage en amoureux dans un luxueux hôtel de Taormine, en Sicile. Là-bas, en avril, il pleut et la visibilité près de la mer est mauvaise. Et Melvil tourne en boucle : passons sur les incartades, fréquentes, et les passages à l'acte, systématiques, de Luisa, notamment avec son ex-meilleur ami croisé dans une agence Pôle Emploi. Oui, passons. Les

La vie poème, Marc Alexandre Oho Bambe (Mémoire d'encrier)

 Je crois qu'il n'aimerait pas, mais je pourrais tout à fait élever une statue à la gloire de Marc Alexandre Oho Bambe, à sa poésie vibrante, à son énergie et à ses tempos qui nous rendent heureux. Ses chaloupés de mots, sa danse de vers libres et libérés, sa musique envoûtante. Peu de recueils me donnent autant de joie, de plaisir et de bonheur que ceux du poète. La vie poème , c'est une chanson qu'on entend à jamais, du rap cadencé, du spoken word, du zap peace and fun et du tip top. Ça tape et ça claque, ça clame et ça slame à Grand-Bassam, ça chaleur et ça one love. Du sens et de l'engagement sur le fil d'une humanité fragile, au carrefour de l'intime et de l'univers sel.  Volontiers lyrique et fraternel, Capitaine Marc déroute pour s'adresser à ses frères humains, ses soeurs de destin, en poète qui donne de son corps, coeurs et âme, dans le feu de la foi, dans la loi du peu qui donne beaucoup, au firmament de nous m'aime, pour l'ivresse,

L'Appel, Fanny Wallendorf (Finitude) ★★★★☆

                   Oregon, 1957. Richard est grand, dégingandé, un peu gauche et absolument pas doué pour le sport. Pour pas grand-chose en réalité. Simplement, il n’est pas dans son corps, il l’habite mal. Son surnom, « l’Hurluberlu ». Un athlète nerd quoi. Sourd aux injonctions, aveugle à son destin, il se réalise pourtant dans la formulation instinctive d’une technique parfaite. Son kif, c’est le saut en hauteur. Seulement voilà, si «  ce gamin dépasse tout le monde d’une tête (…), il est souple comme un verre de lampe…  ». Bref, c’est pas gagné. Il a 10 ans, inscrit dans un club de saut en hauteur et peine à en comprendre l’intérêt. Ce qu’il veut, c’est jouer, s’amuser, suivre sa voie. Sans calcul, sans ambition. Être lui, simplement, jusqu’au bout. Et comme toujours, c’est quand on renonce au but qu’il vient à nous. Pas tout à fait à l’aise avec ce qu’on lui enseigne, il tente un jour un saut inédit : le ventre face au ciel, le saut dorsal à la place du traditionnel

Des voix, Manuel Candré (Quidam) ★★★★☆

Voilà un livre qui devrait nous poursuivre quelques années. Car le spectral Des Voix, signé Manuel Candré, vient défaire notre manière de lire, notre façon d'appréhender l'objet. Point d'interprétation ici, on en serait incapable car Des Voix se situe à un autre niveau pour nous. Notre curiosité nous pousse en général à aller traquer toutes les références et éléments de contexte mais, allez savoir pourquoi, on se l'est interdit ici pour mieux se laisser bercer par cette écriture de fantôme. Peut-être pour, en fin de compte, être davantage possédé par ses silences transparents. On livrera donc plutôt des impressions de lecture, prolongements d'une véritable expérience physique et mentale. Rarement un livre nous a touché — au sens premier — physiquement. Rares sont ces livres dont on ne sait pas quoi penser de façon définitive (plutôt un bon signe). On ignore si c'est un chef d’œuvre mais c'est un livre marquant. Pardonnez l'expression terre-à-te

Clair-obscur, Don Carpenter (Cambourakis) ★★★☆☆

   C'est l'histoire d'Irwin Semple, autrefois ado disgracieux et difforme, bouc-émissaire du charismatique Harold Hunt et de sa bande au lycée, qui a passé 18 ans de sa vie en hôpital psychiatrique. A 35 ans, il tente de se réinsérer, de trouver du boulot et de se faire des amis. Qu'a-t-il bien pu se passer entretemps ?     Ados, Hunt, Rattner et les autres traînaient dans les cafés du coin, le Kitty Creamery, et la resserre au fond des bois. Des lieux où l'on ne fait pas grand-chose sinon s'ennuyer, exclure et consommer. Mais qui et quoi ? Clair-obscur est donc la touchante histoire d'Irwin Semple, un attardé incapable de communiquer. Il souffre en silence, s'exprime par borborygmes sans jamais réussir à nouer des liens forts. Seulement avec une femme qui, fascinée par sa laideur, le veut absolument dans son lit. Par besoin, pas par amour. Histoire d'une jeunesse perdue, volée, passée entre ennui et brimades. Echappe-t-on jamais à sa c

Fantaisies Guérillères, Guillaume Lebrun (Christian Bourgois)

 Let me tell you, this novel is not a bullshiterie, mais alors pas du tout. C'est même un fucking bon roman ! Avec des English, des grenouilles, des Bourguignons et la meilleure d'entre nous, Jehanne notre sauveuse, notre guérillère aux visions spectrales qui n'entrave pas grand-chose aux bibleries. Jeanne qui sculpte elle-même son mythe. Comprenez bien, cher Guillaume Lebrun, j'ai la comprenette difficile. Alors au début, t'entraves pas tout, le temps d'installer ta teste dans la lecture. C'est Yo qui parle, et qui nous parle, d'un élevage de Jehanne pour bouter vous savez qui, et sauver et le royaume et le roy de France. Plus tard, c'est Jehanne. Jehanne qui, parmi une dizaine de Jehanne de la Knight Academy, a été reconnue entre toutes pour bielle et grande mission. Et Jehanne, "bien au-dessus du lot genré", en a dans le heaume, "Hardie à la lutte", "Dévorante à mains nues", "Druidesse parmi les Druidesses".

Vivonne, Jérôme Leroy (La Table Ronde)

 Vous, lecteur, passerez-vous de l'autre côté ? De la page, pour entrer dans la poésie et les histoires d'Adrien Vivonne ? Écrit comme ça, ça paraît un peu grotesque. Et si l'on ne croit pas à cette histoire de France plongée dans l'apocalypse, en pleine "Libanisation" et livrée aux factions et milices paramilitaires, ça l'est. Mais il suffit d'y croire un peu, juste un peu. Une nouvelle façon de résister à l'air du temps. La poésie sauvera-t-elle le monde ? Les vers contre les armes, la poésie pour échapper à la guerre. Le Sig Sauer ou la Douceur ? C'est le programme ô combien étrange de cet étonnant Vivonne. Un éditeur croisé dans la rue à Rouen, mardi dernier, me demandait : alors roman, autofiction ? Franchement, j'en sais rien et finalement, peu importe, le livre de Leroy échappe un peu à toute étiquette. Juste une douce certitude : celle de la fin du monde tel que nous le connaissons qui porte une écriture en quête de l'ultime poè

Feu, Maria Pourchet (Fayard)

 En voilà un bouquin qui m'a bien gonflé et pour une fois, je sais exactement pourquoi. Oui, c'est vrai, vous ne trouverez aucun, mais alors aucun bon sentiment dans ce texte prétentieux sur le désir, ses affres, la passion amoureuse, les sentiments impossibles, les petits mensonges et les coups tordus... Histoire ô combien ordinaire, deux solitudes qui s'ennuient dans leur couple-famille-mariage (Laure, 40 balais) et leur vie minable de cadre sup' de la Défense (Clément, 50 balais), qui vit avec un chien. J'aime toutes les histoires, pourvu qu'elles soient bien racontées, pourvu qu'elles soient racontées avec style. Mais, rapidement, je me suis ennuyé à la lecture de ce roman sans grand intérêt et d'un nihilisme rare. J'y suis allé car je suis curieux. J'avais entendu moult louanges sur les textes de l'autrice. C'était l'occasion... manquée. Ce roman m'a vite dérangé, pour une raison simple. Il est d'un cynisme confondant, qu

Red or Dead, David Peace (éditions Rivages en VF) ★★★★★

 Retour en de brefs mots sur un chef-d'oeuvre, Red or dead , signé David Peace. Lu voilà cinq ans en VO — on vous conseille cette version, anglais très simple et lisible—, il fait partie de ces livres qui vous restent en mémoire pour toujours.           Pour "héros", Bill Shankly, l'entraîneur mythique des Reds des années 60 , le Messie de la Mersey venu au monde le jour où, étranglé par la ferveur d'Anfield, il foulait une pelouse digne des plus grands exploits. Red or dead raconte la légende d'un club, dit la passion chevillée au cœur d'une ville empêtrée dans la déprise industrielle. Bill Shankly, c'est l'homme de poigne, dur, intransigeant, obsédé par l'exigence du travail bien fait. Un leader au charisme électrique, capable de sublimer une équipe dont la somme des individualités s'efface derrière l'horizon du collectif. Une ville, un club et un homme œuvrant pour un destin plus grand qu'eux. C'est aussi l'é