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Articles

Wonderful, mister Clowes!

Marshall, quinquagénaire un brin désabusé, attend son rendez-vous dans un diner. Mais la demoiselle se fait attendre. Entre désenchantement et espoir d’une renaissance, une romance de milieu de vie bouleversante, signée Daniel Clowes. L’histoire : Les cheveux sont comme les illusions, on les perd parfois en vieillissant. Marshall, quinqua grisonnant doté d’un physique banal, blasé et déprimé, est ce que l’on appelle un homme en milieu de vie. Célibataire divorcé esclave de ses obsessions, avec en prime un niveau de vie très modeste, Marshall vit une véritable crise dans son suburb ordinaire des Etats-Unis. Heureusement, deux de ses amis lui ont arrangé un rendez-vous galant avec Nathalie, une de leurs connaissances communes. Sonnant comme sa dernière chance, l’homme y voit là un coup de pouce de destin, une chance à saisir. Le jour J est donc arrivé et Marshall, à la fois impatient et impuissant, voit les minutes s’égrener : la demoiselle est en retard. Plus le temps passe, p...

Artères souterraines, Warren Ellis

Warren Ellis, célèbre scénariste de bande dessinée, a pris la décision de tâter de nouveaux terrains de jeu. Après la perle que fut Transmetroplitan , brûlot acide et jubilatoire d'une Amérique corrompue, Ellis s'attaque au  roman avec l'ambition de faire aussi bien. Presque une gageure! Au menu des festivités, un pitch simple d'abord : il s'agit pour le pâteux et lénifiant détective Mike de retrouver un document susceptible de modifier le destin des Etats-Unis, en l'occurrence la deuxième Constitution qui a été égarée. Le commanditaire : la Maison-Blanche, mission payée 500 000 euros net. Réveillé de sa torpeur mais poursuivi par la poisse, c'est le moment ou jamais de changer de vie à peu de frais. Mike accepte, et entame alors un road-trip à travers les States, rencontrant des marginaux en compagnie d'une marginale, sa future copine. N'hésitant pas à s'acoquiner avec le sordide et le comique, Ellis enchaine les scènes loufoques à...

Stanley Elkin, Un sale type

Un sale type, vraiment? A l'issue de la lecture d' Un Sale Type , il faut bien le dire, quasi hypnotique, deux références majeurs de la littérature contemporaine viennent à l'esprit : Kafka et Beckett, maitres de la narration métaphysique empreinte d'absurdité. Imprégné de leur prose, Stanley Elkin y ajoute sa singularité en tentant de maximiser l'ambiguïté de son anti-héros : Feldman, patron enrichi de grand magasin, est manipulateur, égoïste et même parfois violent. Page 300 : "je crois dans la diversion, le stratagème, la manœuvre et la conspiration. Je crois dans l'espionnage, le coup d'Etat, l'assassinat, la révolte de palais et dans les révolutions à moindres frais". Voilà la nature même de la psyché feldmanienne. Et en même temps, ce serait trop réducteur. Car on perçoit néanmoins chez Feldman une humanité enfouie dans les limbes d'un passé volé. L'histoire est simple : Feldman vient d'être arrêté en raison d'un bug info...

Imperial bedrooms: suite de luxe

Retour sur le devant de la scène d'un monument de la littérature américaine, Bret Easton Ellis. Souvenez-vous d' American Psycho, plongée cauchemardesque dans le quotidien d'un serial-killer, au cœur du New-York des yuppies: un grand coup littéraire, jubilatoire pour bon nombre de lecteurs. 20 ans plus tard, BEE délaisse  NY et la côte Est des "golden boy" pour rejoindre la côte Ouest des bimbos siliconées, avides de gloire malgré leur médiocrité et leur absence de talent. A noter que Suite impériale est en fait le roman qui suit Moins que zéro . L'histoire est simple: Clay, scénariste de talent habitant NY et plébiscité par Hollywood, revient à Los Angeles pour organiser le casting de son prochain film. Il y croise d'anciennes connaissances, notamment Blair, son ex-petite amie. Mais organiser un casting, c'est surtout le moyen pour Clay de s'offrir des filles à peu de frais en leur faisant miroiter la gloire. Il tombe donc sur Ray Turner, une act...

Ashita no Joe, plus fort que Rocky et Drago réunis!

Dans les quartiers mal famés de Tokyo à la fin des années 60, l'histoire de Joe Yabuki, un jeune voyou en manque de repères, luttant pour sa survie. Un manga culte pour toute une génération de Japonais. L'histoire : Fin des années 60, dans les bas-fonds sordides de Tokyo. La population de Doya vit dans le dénuement et la crasse. Joe Yabuki, un jeune voyou agressif, débarque dans ce quartier peuplé d’enfants, de vieux, d’ouvriers et de travailleurs pauvres. Joe, irascible, se querelle et se bat avec un alcoolique connu sous le nom de Danpei Tange. Animé par la haine et une force démesurée, Joe l’emporte aisément. Fasciné par la puissance contenue dans les mains de ce jeune homme, Danpei lui propose alors de lui enseigner l’art de la boxe et d’en faire un champion international, non seulement pour arrondir ses fins de mois, mais aussi par simple amour de la boxe, cet art permettant de domestiquer la force brute. Car, pour Danpei, la puissance dépourvue de maîtrise n’est que du v...

Rupestres et Mulot!

Rupestres et Mulot (publié sur planetebd.com) Partir à la découverte des dessins primitifs qui ornent les parois des grottes françaises, c’est la proposition alléchante et pleine de promesses de Rupestres . Une plongée fascinante au cœur des salles obscures, histoire de s’élever un peu. Rupestres n’est pas une bande dessinée « grottesque », ni même un simple « grotte book », c’est bien plus que cela. Un casting de choix d’abord (des grands noms) et un projet peu commun : raconter l’origine du monde par le dessin et les mots, tout en méditant sur le support qui permet de lui donner corps. Davantage une promenade dans les entrailles de la Terre qu’une banale exposition, le livre plonge dans un sous-sol plein de mystères et de trésors cachés, scrute les dessins primitifs du paléolithique, et en fait ressortir un questionnement fécond sur le sens et l’origine du monde. Si la première impression est celle d’un chaos graphique, la seconde, l’émerveillement, finit de nous convaincre : ...

Axolotl Roadkill

Welcome to the death club Retour sur un livre paru en 2009, et qui à l'époque a défrayé la chronique. En cause, les accusations de plagiat d'abord. Dans Axolotl Roadkill, Hélène Hegemann érige en principe esthétique l'intertextualité. Raison pour laquelle l'auteure a puisé sa matière dans un corpus d'œuvres littéraires, musicales ou cinématographiques (quelques pages à la fin du bouquin précisent les références). Au menu donc, des phrases reprises telles quelles, de blogueurs anonymes à Jim Jarmusch en passant  par Jean-Luc Godard ou Malcolm Lowry. H. Hegemann l'assume et même le revendique. Alors plagiat ou pas plagiat? Pas vraiment et on vous dira pourquoi. Deuxième raison du succès du bouquin, l'âge de l'écrivaine: 16 ans au moment d'achever l'écriture. Troisième raison: une logorrhée sans limite, sans concession et un propos tour à tour morbide ou halluciné, d'une puissance rare. Car Axolotl Roadkill parle d'une lycéenne qui sèche l...