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Articles

Le Discours (Fabcaro) : des stylos pour l'Afrique ! ★★★★☆

On n'a jamais lu rupture amoureuse aussi comique ! On n'attendait pas moins du génial Fabrice Caro (dit Fabcaro), auteur le plus drôle du moment en bande dessinée ( Zaï Zaï Zaï Zaï, Et si l'amour, c'était aimer ? Moins qu'hier, plus que demain ; Carnets du Pérou ...). Votre serviteur a d'ailleurs dit tout le bien qu'il en pensait sur Bodoi.info (voir les Top 10 2018 ). Comment écouter Le Discours alors ? C'est simple : bien calé dans votre fauteuil, un stylo Bic pour l'Afrique dans la main droite, un verre de jus d'orange posé sur la table basse, en pensant au Bénin ou à Sonia. Vous plaindrez Adrien, en pleine dépression à 30 ans, quitté lâchement par sa moitié à 40, ou presque. Et, comble du désastre, son beau-frère Ludo lui demande une faveur : un petit discours pour son mariage ! Angoisses, gouttes de sueur qui perlent... Adrien, parfait nerd , en est absolument incapable. Il s'entraîne mais échoue, tout juste bon à fabriqu...

Rentrée littéraire de janvier 2019 : les auteurs à suivre 1/3

Parce qu'il faut bien faire des choix et laisser un peu de place aux surprises (mais surtout par manque de temps), voici 10 auteurs de la rentrée littéraire à suivre. Et on vous dit pourquoi. - Edgar Hilsenrath, Terminus Berlin , Le Tripode : une des voix de la mémoire de la Shoah, des chefs-d’œuvre bercés d'un rire désespéré ( Nuit, Fuck America, Le Nazi et le Barbier ). Il paraît que Terminus Berlin est son dernier roman. Et puis on ne se lasse pas des très belles couvertures signées Henning Wagenbreth. - David Vann, Un poisson sur la lune , Gallmeister : on a lu Aquarium voilà peu de temps. Un petit bijou sur l'amour filial, d'une beauté déchirante. Ce poisson s'annonce encore terrible : une histoire de suicide et de survie. Et puis les couvertures  Gallmeister sont les plus stylées. - Eric Chevillard, L'Explosion de la tortue, Editions de Minuit : on ne présente plus ce styliste hors-pair qui réinvente à chaque livre l’objet...

Après la chute (Dennis Lehane) ★☆☆☆☆

Dennis Lehane, ça vous parle ? Mais oui, l’auteur de polar cultes : les populaires Shutter Island et Mystic River , ce dernier repris de main de maître par l’excellent Clint Eastwood. Sans oublier d’autres pépites : Sacré, Un dernier verre avant la guerre, Ténèbres prenez-moi la main … Mais voilà, c’était le bon vieux temps, quand l’auteur américain était inspiré. Depuis, difficile de s’enthousiasmer pour La Saga des Coughlin. Son dernier roman, Après la chute , qui vient de sortir en poche, n’a peut-être jamais aussi bien porté son nom. Assiste-t-on au crépuscule d’une carrière ? Après la chute a les atours du livre vain. Présenté comme un thriller psychologique, le roman laisse de marbre. La première partie est consacrée à Rachel Childs, journaliste de renom qui s’effondre en direct lors d’un reportage en Haïti. Mais surtout, la jeune femme part en quête d’un père inconnu, sans cesse rabroué par une mère autoritaire et manipulatrice. Fin de partie, entre...

Le Meurtre du Commandeur - Livre I/II ★★★★☆

    Génie ou imposteur ? Je me suis souvent posé la question au sujet des livres de Murakami. La trilogie 1Q84 m'avait fasciné au moment de sa sortie. Son nouveau roman — un diptyque, Le Meurtre du Commandeur — produit un peu la même impression, l'effet de surprise en moins. Car on nous la fait pas, on connaît la recette maintenant. L'étrangeté à chaque coin de rue, l'imprévu qui surgit de nulle part, des êtres toujours un peu paumés, orphelins d'une boussole existentielle à même de sublimer le destin.       Ici, il s'agit d'un portraitiste, certes talentueux mais noyé dans la nasse, quitté par sa femme après six années d'un mariage ordinaire. Après une errance solitaire, il se retrouve dans une maison isolée de la montagne nippone. Et là, des phénomènes étranges. D'abord un tableau nihonga, manifestement caché par son auteur, un célèbre peintre. Il s'intitule Le Meurtre du Commandeur. Plus tard,...

Facile, l'art français de réussir sans forcer ★★★★☆

Le philosophe, essayiste, écrivain et pédagogue Ollivier Pourriol ( Vertiges du désir, Le Peintre au couteau , Éloge du mauvais geste ...) vient de commettre un petit essai sans prétention sur l'art de réussir sans forcer (ou plutôt sans en donner l'impression). Un art typiquement français, résumé par la quatrième de couverture : " L'intelligence, c'est la ruse : ne pas prendre la difficulté de face, inventer un chemin détourné, qui atteint mieux le but, sans effort, avec élégance ". Un programme alléchant même si Pourriol donne parfois le sentiment — seulement une impression —d'enfoncer des portes ouvertes. Sauf qu'il le fait avec style, naturel et enthousiasme : une sorte de didactisme fin et élégant, jamais pompeux ou ennuyeux. A l'image du petit bijou qu'était Cinéphilo . Quelques phrases, pensées ou observations restent ainsi en mémoire. Celles empruntées au philosophe Alain : " Continuer. Commencer ". D'une évidente ...

Dirty Sexy Valley, Bloody Baby !!! ★★★★★★

La tuerie de l'année 2017 ! Signée Olivier Bruneau, forcément inconnu de nos services puisqu'il livrait là un premier roman. Et quel roman ! Un format poche mais une énorme gifle, pleine de foutre, de larmes et de joie. Un excellent slasher entre Les Randonneurs ,  Massacre à la tronçonneuse, l'innocent campus novel et un film X délicat. Le résultat, un semblant de nanar, avance masqué (mais pas longtemps, juste le temps d'un premier chapitre tonitruant) pour mieux révéler toute la subtilité d'une écriture jouissive. C'est hilarant et répugnant, malsain et jubilatoire, grotesque et malin... Je me suis finalement lancé dans cet ovni littéraire après quelques œillades chez mon libraire et une fois lu le pitch sur la quatrième de couverture. Soit six étudiants, des couples modèles et populaires, des geeks intellos et mal dans leur peau, des filles qui cachent bien leur jeu, tout ce petit monde voulant sceller son amitié de fin de lycée par un ultime baroud...

Le Décalé Coupé

Julius est encore tombé de son lit, un lit de course sans régulateur temporel. Le voilà projeté dans sa propre histoire de bande dessinée. Problème : il est transparent, le scénario semble avancer sans lui. Il faut donc le rattraper... Virtuose ! Sur son lit de course supersonique, Julius Corentin Acquefacques semble avoir passé le mur du temps. A priori, on ne le reverra plus dans la BD, ou alors dans une autre histoire. Cauchemar, réalité ou rêve éveillé ? Peu importe, car fidèle à son habitude, Julius semble avoir rêvé trop fort et être tombé du lit. Une fois de plus. Le voilà désormais projeté dans une case de BD qui ressemble à la première de son histoire. Oui mais voilà, il s'entend parler tout en étant transparent. Une histoire de décalage spatio-temporel est peut-être à l'origine de ce hiatus. Absent de sa propre histoire qui avance trop vite pour lui, ce sont ses voisins de paliers qui vont mener l'enquête pour tenter de le retrouver. Dans le scénario officiel,...