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Après la chute (Dennis Lehane) ★☆☆☆☆


Dennis Lehane, ça vous parle ? Mais oui, l’auteur de polar cultes : les populaires Shutter Island et Mystic River, ce dernier repris de main de maître par l’excellent Clint Eastwood. Sans oublier d’autres pépites : Sacré, Un dernier verre avant la guerre, Ténèbres prenez-moi la main… Mais voilà, c’était le bon vieux temps, quand l’auteur américain était inspiré. Depuis, difficile de s’enthousiasmer pour La Saga des Coughlin. Son dernier roman, Après la chute, qui vient de sortir en poche, n’a peut-être jamais aussi bien porté son nom. Assiste-t-on au crépuscule d’une carrière ?

Après la chute a les atours du livre vain. Présenté comme un thriller psychologique, le roman laisse de marbre. La première partie est consacrée à Rachel Childs, journaliste de renom qui s’effondre en direct lors d’un reportage en Haïti. Mais surtout, la jeune femme part en quête d’un père inconnu, sans cesse rabroué par une mère autoritaire et manipulatrice. Fin de partie, entre psychologie de bazar et quête identitaire qui ne mène…à rien. En chemin, Rachel a croisé son futur et obscur mari, Brian Delacroix. Début de l’idylle et tentative pour Rachel de s’extirper du marasme. Agoraphobe, effrayée, elle reste cloitrée chez elle et ne voit plus personne. Son mari, elle en est folle amoureuse, car patient et compréhensif jusqu'au sacrifice. Avant de découvrir qu’il n’est peut-être pas ce qu’il prétend être. Fin de la deuxième partie, sans grand intérêt là encore. Il faut donc attendre le dernier acte pour avoir un semblant de suspense et d’action, voire de profondeur. Mais voilà, l’intrigue, alambiquée au possible, vire à l’invraisemblable et, osons-le, devient ridicule. Plus d’étincelle chez Lehane, à l’image de ce final ouvert et complètement fumeux. Comme cette écriture aussi, sans âme et sans éclat.

Après la chute, vous l’avez compris, est mauvais. Vraiment. Et l’on comprend mal comment le génie de Lehane a pu accoucher d’un roman aussi médiocre. Un conseil donc : mieux vaut encore relire Mystic  River ou Prières pour la pluie, deux valeurs sûres. Ou encore La Photographie de Lucerne signé William Bayer, dans la même collection. On vous en reparle d'ailleurs très vite. (1/5)

Après la chute,  Dennis Lehane, Rivages Noir, 2018, 9 € (en poche) 

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