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La rentrée littéraire (septembre 2019)

   
 
     Les réjouissances littéraires sont nombreuses en cette rentrée. A chaque fois, c'est pareil. On mise sur des éditeurs, des auteurs, des couvertures et on tombe sur quelques pépites. Des navets aussi. Un certain nombre. Rien que de très normal. Mais comme le temps fuit et nous manque, L'Espadon mettra surtout en avant des voix singulières (Amelia Gray), des projets fous (Do éditions), des auteurs au nom imprononçable et des livres impossibles à commenter (Francis Rissin) . En voici quelques-uns, lus ou pas, mais qui suscitent au moins le désir. Un très fort désir de lecture.

Francis Rissin, Martin Mongin (Tusitala) : une expérience, une farce, un mystère... Tout le monde connaît Francis Rissin mais il est introuvable et personne ne l'a vu. Presque un horizon conceptuel. A la fois drôle et flippant, l'un des livres à ne pas manquer.



Une fois (et peut-être une autre) et x (fois), Do et Od éditions : projet fou, deux livres en tous points identiques, ou presque. Jeu d'emboitements, goût pour la provoc'. Pour une littérature sans limite.



Menaces (Amelia Gray) et Les Echappées (Lucie Taïeb) chez l'Ogre : quand les titres disent tout. Ce qui nous menace, nous terrorise et nous habite. Serons-nous prêts à affronter nos peurs ? Du lourd.


Un monstre et un chaos (Hubert Haddad) chez Zulma : très attendu du côté de L'Espadon, un récit sur la Shoah dont on entend le plus grand bien. Parce que le travail de mémoire (et pas le devoir) ne cesse jamais.

La Crête des damnés (Agullo) par Joe Meno : l'éditeur Agullo n'a pas encore eu les honneurs de L'Espadon. On répare ça avec deux chroniques à venir. Un récit punk et un dialogue métaphysique (Le Terroriste joyeux). Tout un programme.



De pierre et d'os de Bérengère Cournut (Le Tripode) : déjà un prix pour ce très beau roman froid et lumineux, chez les impeccables éditions Le Tripode. Un éditeur sûr, qui ne déçoit jamais.


Blues pour trois tombes et un fantôme (Philippe Marczewski) et Ougarit (Camille Ammoun) : un éditeur avec lequel nous sommes terriblement en phase. De l'urbanisme, pas mal de psychogéographie, des géographies intimes au son de la fiction littéraire.


Pourquoi les hommes fuient ? d'Erwan Larher chez Quidam : violence et humanité du réel, perdre le contrôle pour mieux dessiner le monde. Un monde foisonnant, traversé de riffs désespérés.



Forêt-Furieuse de Sylvain Pattieu (Rouergue) : on en parle beaucoup, pour le meilleur le plus souvent. On vous dit bientôt ce que l'on en pense même si, à première vue, le texte paraît foutraque. Mais attention, langue musicale et "rappée" (on pense au "77" de Marin Fouqué).


Le Bruit des tuiles (Thomas Giraud) à la Contre Allée : récit d'utopie, quand l'idéal sert de catalyseur aux bâtisseurs. La Réunion, projet fouriériste intrigant.


David King s'occupe du tout de Joshua Cohen (Grasset) : un auteur qui nous intrigue. Un gros potentiel. Pour le livre, on parle (le New Yorker) d'un "Soprano à la juive", entre tragédie et humour juif donc.

 Pour le reste des sorties, il faut voir en haut de la page sur la photo. Des nouveautés Gallmeister alléchantes (Pete Fromm), un premier roman Aux Forges de Vulcain (A crier dans les ruines par Alexandra Koszelyk), et de belles nouveautés chez Rivages, Le Quartanier, Cambourakis. Allez, on tente de garder le rythme, toujours à l'affût de belles surprises...








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