Accéder au contenu principal

La Demoiselle à coeur ouvert, Lise Charles (P.O.L)

 Bon, sorry les amis, mais je suis un peu paumé avec ce livre. Je ne sais pas si je dois féliciter Lise Charles, Marianne Renoir ou Octave Milton (voire même Livia Colangeli et Louise) pour cet enthousiasmant La Demoiselle à coeur ouvert, version modernisée des Liaisons dangereuses à la Villa Médicis. L'autrice connaît ses classiques et sait les recycler avec délice, sur un ton badin et cynique, montrant sa bonne compréhension de l'original et sa capacité, non pas à proposer un vulgaire fac-similé, mais à dépasser — au sens de s'en détacher — le modèle pour offrir une jolie réflexion sur la matière littéraire, l'inspiration et le plagiat, en dézingant au passage les milieux artistique, littéraire et universitaire tout en rendant hommage à quelques figures : Laclos, Paul Otchakovski-Laurens et autres artistes italiens plus ou moins inspirés... Exercice d'équilibriste qui ne se laisse pas apprivoiser facilement. J'ai bien mis 70 pages à entrer dans le roman pour en comprendre les directions. Pour être franc, c'est très beau la Villa Médicis, mais ce que les pensionnaires y font — s'ennuyer — et ce qu'ils en pensent, m'intéressent assez peu. Pas grand fan non plus des descriptions d'oeuvres d'art. Mais ajoutez un peu de distance, d'ironie et d'irrévérence et le livre devient un jeu de massacre ou de piste très malin et joueur. Avec le lecteur et les personnages, à mi-chemin entre des êtres de papier et de fiction.

Lise Charles se met en scène pour mieux se moquer, semble-t-il, d'elle-même et des réflexes de certains milieux. Le mauvais goût en art, les fausses inspirations, les jargons et autres postures ridicules ou inspirées justement. Marianne Renoir est l'autre nom de l'autrice dans la vraie vie (édition jeunesse, mais quel est le vrai alors ?) et c'est aussi une universitaire nantaise, agrégée de grammaire dans le roman, moquée et dupée. Je ne suis pas allé vérifier qui est qui ou quoi, je préfère l'ignorer, c'est plus drôle. 

Mi fai ridere, Ottavio... Tu joues donc à l'écrivain torturé qui se prend à son personnage ? C'est très bien, tant que ça ne se termine pas par un suicide.

Ah que c'est dur pour Octave Milton de trouver l'inspiration, lui l'écrivain pensionnaire de la somptueuse Villa Médicis à Rome. Alors il s'entretient avec la retorse Livia, ancienne amante, éditrice, confidente, amie... qui lui susurre quelques idées par mail. Le jalouse ? Lui ment ? Il s'entretient aussi avec Marianne Renoir, avec une mère invisible, avec son frère, avec son éditeur P.O.L... Et, il faut bien le dire, l'Ottavio recycle ses mails en les utilisant dans ses récits où éclate son génie (il a écrit une dizaine de livres). Car oui, ce roman est épistolaire, on s'échange des mails, on fait des rencontres, on tisse des liens dont on s'amuse à faire le récit altéré dans des livres. Et la seule question qui vaille : où est le vrai, quand commence la fiction ? Grande réflexion sur l'écriture et le langage dans leur capacité à produire du vrai(semblable). Ainsi Lise Charles s'amuse à multiplier les "documents" : mails savoureux ou ennuyeux, articles imbuvables d'universitaire, le prodigieux journal intime d'une collégienne par aphorismes, une proposition de manuscrit. Effets qui donnent la profondeur nécessaire au récit en multipliant ses niveaux de lecture et révèle une parfaite maîtrise. J'ai bien ri quand Lise Charles s'est moquée de moi. Je dois avouer que je n'ai pas lu en entier ni la nouvelle ni l'article universitaire (problème de taille de police et d'intérêt). Et là, que lis-je page 126 : "Chère Marianne Renoir, Je vous avouerai que je n'ai pas lu en entier votre article, mais le survol que j'en ai fait m'en a donné une impression tout à fait favorable." Éclat de rire. Effet répété et volontaire. Faut-il écrire l'ennui et comment l'écrit-on ? C'est qu'on s'ennuie beaucoup à la Villa Médicis alors il faut occuper son temps à dénigrer, égratigner, se moquer quand l'inspiration ne vient pas. Même chose dans la dernière partie du livre quand on nous donne à lire un journal intime non autorisé et même utilisé et plagié. Redoutable malaise où il est question de mort littéraire et de narrateurs autodiégétiques (auteur qui se met en scène). Bon, il faut bien le dire, c'est brillant et savoureux. Le lecteur devient témoin et voyeur mais heureusement, me direz-vous, c'est un roman... Et même, ce n'est qu'un roman.

Même si Lise Charles égratigne beaucoup, c'est aussi un livre très émouvant parfois, notamment quand elle évoque la mort de l'éditeur Paul-Otchakovski-Laurens et des vraies personnes qui travaillent autour de lui. En un instant, on passe du sourire aux larmes, du ton léger à une forme de gravité car c'est toute l'histoire d'une maison d'édition contenue en quelques pages. À cet instant, on n'est plus dans le roman mais dans la vraie vie. Et encore, en est-on réellement sûrs ? Tout dépend de l'horizon du lecteur, de son expérience, sa culture, ses connaissances, ses valeurs, ce qu'il est prêt à accepter ou refuser. Le personnage central du roman devient ainsi l'écriture, sa dimension morale et éthique, sa capacité à créer du faux à partir du vrai et inversement. De là, des mises en abîme à vous faire tourner la tête comme dans un shaker. Littéralement, on ne sait plus sur quel pied danser, entre les mensonges, les jalousies, les vraies et faux sentiments. Il était aussi question d'une histoire d'amour entre Livia et Octavio, de l'ordre de la passion et du non-dit, comme la pierre angulaire cachée — ou plutôt silencieuse — de la narration.

Un roman passionnant, érudit, ennuyeux parfois, très malin et très retors, drôle et émouvant qui fait rire de bout en bout tout en jouant la complicité avec le lecteur, sans s'adresser directement à lui. D'une grande maîtrise stylistique et pas dupe de ses impuissances. Je n'ai pas aimé la toute dernière lettre, en trop, qui gâche l'effet des précédentes. On observe des longueurs (érudites) au début, le temps de s'installer dans le récit. Mais ces imperfections — volontaires ou pas — rendent le livre encore plus attachant car, quoi qu'on en dise, l'écrivain ne maîtrise pas tout une fois que le livre est lu...

Et qui donc pourrait t'accuser de plagiat ? Crois-tu vraiment que la mère voudra te faire un procès, qui exposerait sa fille bien davantage qu'elle ne le sera par ton livre ? Mets-toi en tête une chose, Octave : tu es écrivain, les gens qui te fréquentent le savent. Quiconque rentre dans ta vie se met donc pour ainsi dire "dans le champ", et sait qu'il court le risque de devenir l'un de tes personnages. La plupart des gens le cherchent, d'ailleurs. Et tu verras qu'on pardonne toujours tout à l'auteur si le livre est bon (je devrais peut-être dire : s'il a du succès). Mais si vraiment tu es inquiet, fais quelques modifications. Commence par changer le prénom.

J'ai vu ici ou là qu'on s'interroge sur le pourquoi du succès mitigé de ce livre. J'ignore si c'est le cas mais ce livre s'adresse selon moi aux gens de la profession, auteurs et éditeurs en premier, à un public très précis (ceux qui, au-delà d'une histoire, lisent les moyens utilisés pour fabriquer l'histoire) capable de comprendre les sous-textes et les références, en offrant un miroir à peine déformé de ce que sont les milieux littéraire, artistique, universitaire. Ça taille mais avec tact et délicatesse, en toute courtoisie oserais-je dire. L'élégance de la satire... Tout ça pour dire qu'on n'échappe pas à son milieu, on l'aime (passages sur l'éditeur) et on le déteste dans un double élan de haine-passion. Pour être honnête, je ne connais rien ou pas grand-chose du fonctionnement de ces milieux et ne m'y intéresse guère. Je préfère le résultat, la production, l'oeuvre finale mais j'ai bien eu l'impression d'y être embarqué, absolutely embedded chère Lisa. Ultime ironie, l'autrice remercie la Villa Médicis de l'avoir accueillie en 2017-2018... Au premier, au second ou au deuxième degré ? Je dirais second...

Belle entreprise de désacralisation, passionnante réflexion sur la matière littéraire et livre aussi émouvant qu'il est retors et vertigineux, entre hommage (à l'Italie, à l'art) et ironie (il faut bien tuer le père), La Demoiselle à coeur ouvert est le genre de livre que vous allez conseiller autour de vous. Je me suis empressé d'aller acheter les deux autres livres de Lise Charles. Ou de Marianne Renoir, je ne sais plus...

                                                                                                                                                                       

La Demoiselle à coeur ouvert, machiavélique Lise Charles, Paul Otchakovski-Laurens éditions, août 2020, 349 p., 21€

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Watergang, Mario Alonso (Le Tripode)

 Où aller quand on habite au milieu de nulle part, au centre de tout, à Middelbourg ? Quand votre famille est décomposée, séparée, éclatée ? Paul a douze ans et deviendra écrivain. Il est beau, il a du charisme, il est inquiétant. Il vit avec sa soeur, Kim ou Birgit, qui est est ado et enceinte d'un certain Jeroen, qui n'assume apparemment pas. Il vit aussi avec Super, sa mère, qui tente de joindre les deux bouts au milieu des polders, dans ce lieu abandonné, remodelé par les vagues et les marées. Le père de Paul est parti de l'autre côté de la mer, sur une île, il y a longtemps, avec une certaine Julia. Qui est aussi le prénom de sa mère. Sans oublier Magnus, le magnolia au pied duquel Paul enterre les lettres envoyées par son père. Paul veut devenir écrivain, à treize ans. Alors il consigne et parle de ce qui l'entoure, ce qu'il voit et perçoit. Mais pas tout à fait... Pays de polders traversé par les canaux, Middelbourg est un village isolé, à moitié relié au mon

Ici commence la nuit, Alain Guiraudie (P.O.L.)

 On ne lit pas tous les jours des livres de ce calibre. Voici une puissante rencontre littéraire qui est d'abord celle avec une langue. Je ne connaissais pas le réalisateur Alain Guiraudie, ni ses films, alors je le découvre par ses romans. Son premier, en 2014, qui met en scène dans le sud de la France un quadra en congés, Gilles, qui rend visite à Pépé, 98 ans, et à sa fille Mariette, 70 ans (ils vivent ensemble), et leur petite fille Cindy, 15 ans (en vacances). Il fait chaud, très chaud, et Gilles chope le slip de Pépé sur l'étendoir, se branle dedans ni vu ni connu. Puis les flics débarquent dans ce lieu profond, un peu hors du temps, où tout se sait... Tout commence dans une légèreté grivoise, une chaleur estivale, un quiproquo familial bizarre. On se dit qu'on va bien rigoler, à la bonne franquette, et puis non, pas du tout en réalité. Très vite l'horreur, le cauchemar, un invraisemblable enchainements de faits, aussi scabreux qu'inattendus. On ne voit rien v

Le mode avion, Laurent Nunez (Actes Sud)

 Un avion de guerre, ça bombarde et c'est dangereux. Mais si t'es en mode avion, tu les entends pas, les bombes et les avions. Voilà ce qui arrive à nos deux agrégés de grammaire, professeurs émérites à la Sorbonne, Étienne Choulier et Stefán Meinhof. Zéro reconnaissance, des copies par milliers, peu d'implication et, il faut bien le dire, un peu bizarre le Choulier, plus jeune agrégé de France : "Je vois le langage". À 25 et 30 ans, les  deux profs  doivent bien l'admettre, ils ont beaucoup de points communs : doués et discrets, ils ont la passion de la transmission, le goût de l'apprentissage mais il leur manque un truc, quelque chose de nouveau : "ils auraient aimé apposer leurs noms sur un nouveau continent mental, déterrer un trésor philologique, construire un beau système philosophique". Fini les répétitions, ils veulent découvrir, inventer, produire du savoir. Quel comble d'être savant ! Il ne leur restait plus que l'ironie moqueus

Ordure, Eugene Marten (trad. par Stéphane Vanderhaeghe, Quidam)

 Voilà un texte de nature à nous sortir de la torpeur habituelle des rentrées littéraires, répétées et ennuyeuses. De "rentrée", il est d'ailleurs peu question dans Ordure puisque notre agent d'entretien est plutôt chargé des sorties, du rejet, en gros des ordures laissées par les cols blancs. Les basses besognes dans les tours de centres d'affaires. Il faut bien maintenir l'illusion du propre. Récupérer, débarrasser ce qui a été jeté, rejeté aux différents étages. On a d'abord droit à la vie de l'open space, sur un ton absolument détaché, avec son petit lot d'anecdotes, vues à travers la conscience d'un type ordinaire. Petite jungle néolibérale qui dit à peine son nom et bien d'autres choses. Flux de conscience, perception altérée, pensées et mondes recyclés jusqu'à l'écoeurement. À vrai dire, tous ces travailleurs terrés dans leur tour n'ont pas l'air plus heureux au travail que ceux qui balayent, pour le dire banalement.

Rétro 2021

 Petit retour sur une riche année de lectures. Pas de classement, je ne suis pas là pour distribuer les bons points, juste un rapide aperçu sur quelques romans marquants (on fera un spécial poésie demain), drôles, émouvants, féministes, intelligents, qui disent la puissance de la fiction. Beaucoup nous ont plu, beaucoup me sont aussi tombés des mains, on ne pourra pas tous les citer. Honneur à ceux qui restent. Avant le jour  de Madeline Roth, très beau livre sur l'amour, le désir, l'attente et les sentiments contrariés, avec une écriture sobre et profonde. L'anti Feu de Maria Pourchet, qu'on avait détesté, il faut bien le dire. L'Avantage de Thomas André, récit d'un adolescent nulle part à sa place, au miroir d'un tournoi de tennis et d'un désir en construction. Un grand roman de 2021, Le Démon de la Colline aux Loups de Dimitri Rouchon-Borie, le récit bouleversant d'un gars en prison, comme si l'enfer lui était tombé dessus. Ecriture magistr

L'Autoroute de Sable, nouvelle revue dédiée aux... nouvelles absurde, comique et/ou mystérieuse

 Créée par Luc Dagognet et Pierre Nicolas (Pierre Orizet, directeur artistique), L'Autoroute de Sable est "une revue littéraire dédiée à la nouvelle de fiction, avec un penchant pour le mystérieux et l'absurde". Pour chaque numéro, un thème imposé. Ici, "la photocopieuse", point de départ de onze nouvelles par onze auteurs confirmés (j'entends, déjà publiés et ayant rencontré au moins un succès critique) ou en construction. Initiative intéressante et risquée, dit-on, puisqu'il paraît que la nouvelle se vend mal. Mais à en croire nos petites oreilles de blogueur, il semblerait pourtant que certains y croient, et à raison. Chez Rivages, Bernard Quiriny a écrit d'excellents recueils ( Vies conjugales ) et récemment Agullo a lancé une nouvelle collection dédiée aux textes courts avec succès ( Presqu'îles , Yan Lespoux). On pourrait citer des dizaines d'exemples. On retrouve donc avec joie des auteurs aimés/suivis par L'Espadon, ainsi que

Le Roman du siècle, José Carlos Llop (traduit de l'espagnol par Jean-Marie Saint-Lu; Do éditions)

 Au risque de se répéter, allez faire un tour dans le catalogue de Do éditions, l'un des plus séduisants actuellement au rayon littérature étrangère. Étrangère, justement, puisqu'il est souvent question d'étrange et de mystère, d'ambiances fortes chez les auteurs de cette maison. José Carlos Llop aujourd'hui, écrivain espagnol-catalan qui, dans cette dizaine de nouvelles crépusculaires, ausculte les dimensions du mal au miroir des guerres, de l'Histoire et des fantômes qu'elles produisent inlassablement. Moins pour en comprendre les origines qu'en déployer la puissance littéraire qui est promenade sur une crête avec d'un côté, la fiction, et de l'autre, ce truc bizarre qu'on appelle le réel. Cette crête est la limite, la frontière floue, le territoire même où peut vivre l'écrivain avec ses personnages. Ou plutôt ses ombres, ses fantômes, ce que sont les personnages pris dans le courant des guerres destructrices. Surtout ce qu'il aurai

Élise sur les chemins, Bérengère Cournut (Le Tripode)

 Il existe des rencontres qui bouleversent des vies. Il existe des bouquins qui vous tombent des mains au bout de deux pages. Il existe des pages qui vous rendent captif de leur magie au bout de deux vers. Elise sur les chemins, dernier livre de Bérengère Cournut ( De pierre et d'os ), fait partie de cette catégorie. On connaît bien le géographe anarchiste, Élisée Reclus, et la quatrième de couverture nous précise : "un roman librement inspiré de la vie familiale du géographe et écrivain anarchiste Élisée Reclus (1830-1905)". Des prénoms qui sonnent comme, des promenades au rythme d'une carte, les paysages pour chansons et les enchantements des premières fois, le désir comme mantra. L'auteure nous embarque dans son petit monde peuplé de tritons, de tontons, de bidons et de coteaux, où l'on franchit des montagnes, où l'on croise des femmes-serpents, héros de contes et de légendes ancestrales. Tout ça fleure bon la géographie, une poésie du chemin et du lien

Un vide, en Soi ; Marc Verlynde (Abrüpt)

 "Au fond, toute parole s'élance du fantasme de penser à partir de rien (...)." Vertiges et auscultations du vide pour prendre de la hauteur. En soi, dans le roman, car "tout désir de dire s'élance d'un vide". Passionnant essai de Marc Verlynde publié chez Abrüpt, sur ce que l'on projette dans le roman de nous, de nos attentes, ce qu'on écrit parce qu'on ne parvient pas à le dire autrement. Paysages de l'inachèvement, de l'impuissance, du manque, phrases qui dérivent, pensées qui détonnent et détournent. Refléter, spéculer, laisser ouvertes les portes du vide, sans jamais essayer d'épuiser ce dernier. J'aime ces textes qui nous poussent à penser plus loin, à penser autrement, à penser plus haut, à partir d'images ou d'auteurs, en nous suggérant des pistes ou des clés de lecture sans jamais nous les imposer. Libre ensuite de nous y retrouver ou pas. Cet essai propose donc un horizon vertigineux à partir de quelques réfé

Le Silence des carpes, Jérôme Bonnetto (Inculte)

Jérôme Bonnetto, je l'ai découvert l'an passé avec La Certitude des pierres  grâce, il faut bien le dire, aux éditions Inculte. Une magnifique rencontre littéraire et je sais désormais que je ne suis pas seul. Même les lecteurs les plus exigeants autour de moi ont aimé, c'est dire ! D'abord une écriture purement littéraire, joueuse et ironique, qui aime les images simples mais évocatrices. Aucun excès dans les mots, on sent le naturel de la prose qui est sans doute l'autre nom du talent. Jérôme Bonnetto pourrait écrire sur le bottin, les pneus, la façon de découper un gâteau ou la République Tchèque que je le lirais. Ah, bah tiens, il nous parle justement de tout cela dans Le Silence des carpes ! Fabuleux ! Alors allons-y car mes connaissances sur le sujet se sont fracassées sur le mur de Berlin, ou plutôt le rideau de fer des illusions communistes. Quand je fais le point, je connais Jaromir Jagr, le coup de Prague, Dominik Hasek, Panenka, le Printemps de Prague, 19