Accéder au contenu principal

François-Henri Désérable, l’écrivain-hockeyeur



A L'Espadon, on a quelques passions. Parmi elles, la littérature bien sûr, mais aussi le sport. Et il se trouve qu'un jeune écrivain français, François-Henri Désérable, s'en fait l'étrange écho, à l'image de son dernier roman paru en 2017, Un Certain Monsieur Piekielny (Gallimard). On ne pouvait pas faire l'économie d'une interview avec le seul écrivain-hockeyeur de France !
Son parcours est pour le moins original. François-Henri Désérable a écumé les patinoires de l’hexagone (D1 et D2) au cours de sa carrière professionnelle, de Lyon à Montpellier en passant par Paris. Avant le virage à 180°. Le voilà désormais écrivain ! Un jeune écrivain au style affirmé, aussi à l’aise devant le slot qu’une plume à la main. Incroyable non ? Après trois livres déjà publiés dans la prestigieuse collection Blanche de Gallimard, le succès est au rendez-vous, avec notamment un prix de l’Académie Française en 2013. Morceaux choisis.

Comment vous est venue la passion du hockey ?

C’est venu de mon père. Il a été joueur, entraîneur et plus tard président des Gothiques d’Amiens. Alors forcément, j’ai très vite baigné dans le milieu du hockey. Ma première sortie, à quinze jours, c’était à la patinoire. J’ai commencé à jouer à l’âge de cinq ans (mon premier entraîneur était un certain Dave Henderson), et ça ne m’a plus lâché. J’ai passé mon enfance et mon adolescence à ne penser qu’au hockey, et rien ne me rendait plus heureux que les premiers craquements des lames sur la glace encore fraîche.


A 18 ans, vous lisez Belle du Seigneur et là, vous comprenez qu’il existe autre chose que le hockey dans la vie… Expliquez-nous cette révélation.

Je m’étais inscrit en fac de droit, parce que la fac était à côté de la patinoire. C’était plus simple pour les entraînements… Et puis très vite, je me suis lassé du droit. J’ai poussé la porte d’une bibliothèque, moi qui n’avais quasiment jamais rien lu, j’ai pris le plus gros livre que je pouvais trouver et j’ai commencé à le lire. En le refermant, une semaine plus tard (il faisait plus de mille pages), je me suis dit « ah, ok, on peut donc faire ça avec des mots. » C’était Belle du Seigneur d’Albert Cohen, et ce fut un éblouissement.  


A 30 ans seulement, vous êtes déjà un écrivain reconnu, primé et publié dans une collection prestigieuse, la Blanche de Gallimard. Quoi de  commun entre jouer un match de hockey et écrire un livre ?

Oui, on peut dire ça. La collection Blanche de Gallimard,  c’est celle de Proust, de Sartre, de Yourcenar, de Cohen… Quant à savoir ce qu’il y a de commun entre le hockey et l’écriture, je dirais : pas grand-chose. Le hockey, c’est le bruit et la fureur ; l’écriture, c’est le monde du silence, de l’intériorité. Mais sans doute y a-t-il, dans l’un comme dans l’autre, une volonté d’en découdre (avec l’adversaire, avec soi-même, avec sa page), et aussi, parfois, une véritable jubilation (quand d’un beau geste vous faites lever les tribunes, quand d’une belle phrase vous faites trembler le lecteur).

Quel genre de hockeyeur étiez-vous ? Quel genre d’écrivain et de lecteur êtes-vous ?

J’étais un joueur de hockey assez peu talentueux, qui essayait de compenser son déficit technique par un surcroît d’énergie sur la glace. Et je prenais un très grand plaisir à frapper. De même qu’il y a un art du dribble, il y a un art de la mise en échec. Quant à l’écriture, en vérité, j’écris assez peu. Je me tue à attendre la phrase qui bien souvent ne vient pas. « Un écrivain, disait Paul Valéry, est quelqu’un qui ne trouve pas ses mots, alors il les cherche, et il trouve mieux. » Je passe le plus clair de mon temps à lire. La lecture est le véritable entraînement de l’écrivain. C’est d’ailleurs le seul conseil que, du haut de mon branlant perchoir, je donne aux aspirants écrivains : lire tout son soûl.



 Que représentent pour vous le hockey et la littérature ?

Deux passions dévorantes qui furent pendant quelques années concomitantes, qui ont été (le hockey) ou sont (la littérature) ma vie-même, qui se confondent avec elle.

Qu’est-ce qui est le plus dur quand on veut percer ?

Le plus dur n’est peut-être pas de percer : avec un zeste de talent, pas mal de volonté, beaucoup de travail, on peut facilement jouer en Magnus ou être publié. Le plus dur, c’est de s’y maintenir, d’élever son niveau de jeu. Et là, ça demande autre chose.   

Est-ce que vous vous réalisez plus dans l’écriture ou le hockey ?

J’ai éprouvé un plaisir fou à jouer au hockey, et ce plaisir n’est pas moindre à écrire. Je fais ce que j’ai envie de faire. Je n’ai jamais travaillé (en tout cas je n’ai jamais eu l’impression de travailler) : j’ai l’immense privilège d’avoir pu vivre exclusivement de mes passions. C’est l’un des seuls principes qui gouvernent ma vie.





Sans langue de bois, ça ressemble à quoi, de l’intérieur, le monde des salons littéraires? Et celui du hockey?

Prenons un vestiaire de hockey : les joueurs n’y parlent que de hockey et de sexe. Prenons un salon littéraire : les écrivains n’y parlent que de littérature et de sexe. Voilà, vous avez le dénominateur commun.

Êtes-vous passionné de hockey au point de regarder les matches sur Canal+, lire des revues, vous informer sur tout, assister à des matches de Magnus?

Je lis Slapshot, Hockey Mag et Hockey Archives, je suis la NHL, assez peu la Magnus (je vais quand même voir un ou deux matchs par an, à Amiens ou à Lyon), et je vais chaque année aux championnats du monde. L’année dernière, à l’occasion des mondiaux co-organisés par la France et l’Allemagne, j’ai même écrit pour L’Equipe.


Si Chateaubriand, Gogol, Romain Gary et M. Piekielny étaient des hockeyeurs, qui seraient-ils ? Si Sidney Crosby et Dainius Zubrus étaient écrivains ? Si les Gothiques d’Amiens étaient un roman ?

Chateaubriand, grand seigneur des Lettres, c’est Bobby Orr. Gogol, un Russe bourré de talent qui a influencé toute une génération d’écrivains, c’est Fetisov. Gary, écrivain de génie qui s’est réinventé, c’est Ovechkin. Piekielny, on ne le voit pas, il est dans les tribunes. Si je devais comparer Crosby à un écrivain contemporain, je dirais quelqu’un au talent fou qui a presque tout remporté, que certains adorent et que d’autres détestent : Emmanuel Carrère. Et Dainius Zubrus… Merde, aucune idée. Si les Gothiques d’Amiens étaient un roman ? Germinal. L’enfer du Nord.




Vous en connaissez beaucoup des gens, dans le monde du hockey, qui lisent et se passionnent pour la littérature ou même écrivent des bouquins ?

Un hockeyeur qui a écrit des livres, à ma connaissance, je suis le seul en France. Mais il y en a qui lisent, oui.

 Que vous inspire ces débuts auréolés de succès en littérature ?

Si je dois faire une analogie avec le hockey, je dirais que j’ai remporté le trophée Calder du « rookie of the year ». C’est prometteur. Maintenant, il y a du boulot, il faut aller chercher le Hart, le Art Ross, le Maurice Richard, le Conn Smythe, etc… Bon, en vérité, cette analogie ne marche pas : la qualité d’un livre ne se mesure pas à l’aune des prix qu’il remporte, ni même de son succès public.

Que peut-on vous souhaiter ? 

De faire lever la foule avec mes livres (mais ça va être compliqué).


Entretien réalisé par M. Ellis
(article publié à l'origine dans Slapshot Magazine, numéro 90)


Bibliographie :

-       Tu montreras ma tête au peuple, Gallimard, coll. « Blanche », 2013, 192 p.
-       Évariste, Gallimard, coll. « Blanche », 2015, 176 p.
-       Un certain M. Piekielny, Gallimard, coll. « Blanche », 2017, 259 p.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Somerland, Raymond Penblanc (Lunatique)

Puissance de la grotte, force de la caverne, jaillissement de la prose quelque part en dehors du monde, sur une île piégée, dans un bagne aux allures d'Eden en enfer ou d'enfer au Paradis. Lestor, Ousmane, Malek et le narrateur n'ont pas encore dix-sept ans, livrés aux travaux forcés et brimades du gardien du phare, Somer. Entrons alors dans le Grand Sommeil, en plein été, pour observer des échappées bien réelles en écho aux fantasmes d'une tribu enfermée. Car tout ça n'est peut-être qu'un rêve, un cauchemar ou bien la stricte réalité. Allez savoir...

       Avec Somerland, je découvre l'écriture de Raymond Penblanc : vive et énergique, fulgurante et prolixe, jamais dupe de ses enfermements. D'une musicalité fluide, aux sonorités crues et heurtées parfois, pleine de saccades. Elle louvoie, cherche, en quête d'elle-même pour mieux fouiller la possibilité du drame et de l'amour, l'idée d'une violence animale ancrée en chacun de nous, …

Les Enfants des autres, Pierric Bailly (P.O.L.)

Si vous êtes papa, cocu et que vous aimez le trail, alors ce livre est pour vous. Si vous pensez que la vie de famille est une folie, alors ce livre est pour vous. Si vous êtes en couple et que votre concubine dit qu'elle n'aura jamais d'enfants, alors ce livre est pour vous. Si le soir, c'est vous qui vous occupez du bain des enfants et pas de la cuisine, alors c'est que vous vous êtes fait avoir. Oui, à Paris ou dans le Jura, le Tramadol a le même goût... Et si votre VTT est doté d'une fourche Rockshox, ce livre est aussi pour vous...

      De Pierric Bailly, j'étais resté sur le mitigé Michael Jackson et le très bon Polichinelle. J'avais zappé les deux suivants. Mais quand j'ai appris la sortie de son nouveau roman, j'y suis allé les yeux fermés, sans trop savoir pourquoi. A l'instinct, comme une évidence. Et les hasards, je n'y crois pas trop. Avec Les Enfants des autres, L'Espadon a visé plus que dans le mille. Et ça fait…

Blues pour trois tombes et un fantôme, Philippe Marczewski (Inculte)

Musique des pierres, chant du fleuve encagé, Liège s'enfonce dans son histoire au rythme d'une mélopée qui apaise les colères et fait revivre l'esprit des lieux. Certaines ruelles sont maudites, on rend hommage aux béguines et bégards, une façon de célébrer l'amour et l'ivresse avec l'écho du jazz.  Une promenade au son des cris d'Ultras. Liège vit et meurt des ses usines, de ses beautés noires en gris, de ses rues crasseuses à la joie ravalée, de ses héros arrachés aux ruines. Flâner dans Liège, c'est lire et relire Simenon, René Char, croiser le vieux Thoreau pour qui la nostalgie deviendrait désespoir. Écouter Chet Baker ("so lucky to be loving you"), observer ses rides naissantes et se noyer  dans un magma électrique, une supernova comme le stade du Standard. Les monuments rappellent la famille Nagelmackers, les cités ouvrières ont le charme des beautés qui s'ignorent et la vallée de la Meuse, au loin, rappelle un passé de labeu…

La Séparation, Sophia de Séguin (Le Tripode)

L'amour en ses haines et passions déchirées, ses futilités, ses élans désormais impossibles, ses absences comme des gouffres, dit et écrit par une femme à l'âme écartelée. Dans La Séparation, Sophia de Séguin raconte l'après vie à deux, ou l'illusion du sentiment et ce qu'il dit finalement de nous-mêmes, de nos manques et de nos peurs fascinées. Reproches, insuffisances, tromperies, les maux du couple sont légion mais n'épuisent pas, jamais, ses mystères. La Séparation pour dire la rupture avec soi et l'absence de l'être aimé, haï, désiré, rejeté.


    Impossible de décrocher, comme un vrai camé, de ces saillies maximes sur le mal-être d'être quitté. Comme un drogué jamais sevré, le manque obsède, la fille ressasse en réactivant ses souvenirs à l'aune d'une souffrance sans limite. Sentiment de sidération, sensation fatale du manque mais refus de l'apathie par l'écriture, une écriture qui opère par saccades comme pour différer le…

Icebergs, Tanguy Viel (Les Éditions de Minuit)

De Tanguy Viel, j'étais resté sur le séduisant Article 353 du code pénal. D'où mon intérêt pour ces Icebergs, promenades littéraires et serpentines dans les abysses de la littérature. Un essai plutôt qu'un roman. Comme l'auteur, chaque lecteur se pose un jour ou l'autre la question de sa folie littéraire : pourquoi tant de piles, de lectures inachevées, de bouquins oubliés, d'idées inconscientes. La littérature colonise nos espaces intérieurs, domestique et psychique, physique et mental, sans possibilité de retour, parfois... Un essai a priori digne d'intérêt. Et puis j'ai lu Barthes, Genette, Blanchot, Jauss, Bakhtine, un peu de renouveau ne ferait pas de mal. J'ai cependant remarqué la chose suivante avec les Éditions de Minuit, me concernant : vulgairement, ça passe ou ça casse. Tout ou rien. Là, on est plutôt du côté de l'oubli sitôt la lecture finie.




           Pas d'intrigue ici mais une pensée en construction, "obsédée par les f…

Hic, Amélie Lucas-Gary (Seuil)

Au commencement était le fleuve. Plongée dans une archéologie intime, comme une spirale qui vous avale à rebours du temps et de l'espace. Doux contact. L'eau se dispute ses états : coule, inonde, déborde, goutte et ruisselle, porte des Vikings et des particules, solide et liquide. Faire du présent et de l'ailleurs des réalités sans cesse recomposées par la fluidité des mots assemblés, à même de glisser dans les failles, les plis, et recoins du temps, de l'espace, du cosmos. L'écriture est un fleuve. Sa fluide musicalité un appel à aller plus loin, à refuser de comprendre. Juste se laisser bercer. Agent d'une révolution, l'eau métamorphose, altère, irrigue et intrigue, suspendue aux oscillations cosmiques de la Terre. Partir pour revenir, dans un va-et-vient narratif qui fait entendre l'écho du monde et celui de nos vies, les téléscope et les effleure avant le grand boom !


   Un texte sensible et sensitif qui capte des sons, goûte des images, sent l…

Croire aux fauves, Nastassja Martin (Verticales)

Au Kamtchatka en 2015, l'anthropologue Nastassja Martin affronte un ours dans un corps à corps. La lutte s'achève dans le sang. Le fauve a planté ses crocs et arraché une partie du visage de la jeune femme. L'ours a fui, blessé par un piolet. Suivent la prise en charge en Russie, le début des opérations et le retour en France. Les questions aussi, la volonté de saisir ce qui s'est joué dans ce bout du monde. Débute alors une lente reconstruction, physique et mentale, qui dessine un nouveau rapport au monde, une nouvelle façon de le penser et de se l'approprier. De cette expérience traumatisante, l'anthropologue tire un livre où il est moins question de s'émouvoir et compatir que de survivre par l'analyse des frontières brouillées, aux confins d'une humanité bestiale.

   L'humain et le fauve vivent-ils dans des mondes si différents ? Que reste-t-il de la violence symbolique et concrète infligée à l'anthropologue ? Il faut d'abord s…

L'Espadon a un an !

Fin d'année, youpi ! C'est Noël bien sûr, mais aussi l'anniversaire de L'Espadon ! Un an aujourd'hui. Tous les messages reçus ici ou là, toutes les attentions, toutes les belles rencontres nées du blog (et à venir) sont notre carburant pour avancer. Pour tout ça, on vous dit merci. Car sans lecteurs, soyons honnêtes, L'Espadon aurait peu de sens. Sans passionnés, sans écrivains chevronnés, sans éditeurs inspirés, sans imprimeurs délicats, sans amis bienveillants, tout ça n'existerait pas. Alors pour 2020, on espère suivre le même chemin, en toute sincérité, avec le même enthousiasme. Pour toujours plus de livres à lire. On ne s'en lasse pas, on ne s'en lassera jamais. Alors organisez 38 rentrées littéraires par an si ça vous chante, soyez des geek du livre, ça nous va !       Les bilans, vous le savez, c'est de saison. Vous aurez donc droit à celui de L'Espadon. Il est frais, charnu, a du goût. Pas de classement, pas d'étoiles, jus…

Dans la forêt du hameau de Hardt, Grégory Le Floch (Editions de l'Ogre) ★★★★★

Après "Arcueil" (Éditions Do), voici la deuxième claque de la rentrée. Pour être franc, on ne s’est pas encore remis du puissant « Dans la forêt du hameau de Hardt ». Et ce n’est qu’un premier roman, signé Grégory Le Floch. Mais pour tout dire, on n’attendait pas moins des jeunes et excellentes éditions de l’Ogre qui, jusqu’à présent, ne nous avaient jamais déçus.






        Alors, ça cause de quoi ce bouquin au titre à rallonge ? De la confession d’un type, Christophe, traumatisé par un événement survenu en Calabre alors qu’il passait ses vacances avec son très vieux pote Anthony. Incapable de parler, de lâcher les mots pour dire l’horreur, il nous décrit, suffocant et convulsé, comment il a échoué dans ce patelin d’Allemagne, le hameau de Hardt, à la lisière d’une étouffante forêt. Il voit des fantômes — les images remontent, hanté par le souvenir d’un mort. Pense parfois à se suicider. Et puis voit un cactus, des épines, Lady Di, une caravane et un chat au pelage râpé… Diffic…

En attendant Eden, Elliot Ackerman (Gallmeister) ★★★☆☆

Les dernières publications Gallmeister ne font pas dans la dentelle : un suicidaire pour David Vann (Un poisson sur la lune),  un jeune vétéran de la guerre de Corée à qui l'on prend ses enfants (Nuits Appalaches) et Eden donc, qui vient de sauter sur une mine et se retrouve en état de mort cérébrale. Mary, sa femme, et leur petite fille, Andy, qu'il n'a pas eu le temps de connaître, lui rendent visite depuis trois ans à l'hôpital après son retour d'Irak. Oui, oui, c'est plombant comme ambiance et le roman ne vous ménage jamais. Mais avec les auteurs américains, on en a souvent pour son argent.
Dans le corps d'Eden elle perçut de nombreuses choses différentes. Un sol gelé. L'écorce d'un arbre. Du sable cuit. Une poignée de gravier. Du verre, parfois brisé, parfois intact. Les textures d'Eden formaient une mosaïque variée, piégée dans l'épaisseur de sa peau.

Les premiers chapitres sont d'une grande efficacité. Quelques mots suffise…