Accéder au contenu principal

Une ville de papier, Olivier Hodasava (Editions Inculte) ★★★★★

  Si tout est vrai, alors cette histoire est fascinante. Si tout n'est que fiction, c'est encore plus fort. Entre les deux, la seule grande question qui vaille, celle du réel ("Si être réel c'est exister dans l'esprit des gens, alors oui, pour moi, elle est bien réelle"). Car la beauté de la littérature tient dans son incertitude, un art des possibles déployé à l'infini. Un vertige. Comment parler d'un livre dont le sujet n'existe pas ? Qui n'a jamais existé sinon dans la tête des gens, sur une feuille de papier comme Copyright Trap ? C'est le principe abyssal de ce livre pensé comme un film ou un album photo, par strates et plans-séquences.



  Le sujet en deux mots. Avril 1931,  Desmond Crothers, cartographe passionné, travaille à la General Drafting, entreprise florissante de production de cartes routières qu'a créé un certain Otto G. Lindbergh. Le patron confie à l'employé une tâche importante, comme une belle marque de confiance : alors qu'il travaille sur la carte du Grand Est américain, Desmond doit trouver un Copyright Trap, "une erreur délibérée" —prérogative du boss d'habitude— à savoir une ville imaginaire à placer sur la carte pour éviter tout plagiat. En hommage à sa femme Rosamelia, il l'appelle Rosamond... Le début d'une lune de miel, d'une épopée et d'une Histoire.


  Une ville imaginaire, inventée de toutes pièces donc, qui finit par endosser tous les costumes que chacun veut bien lui donner : lieu d'un concours de Miss, décor de film, scène pour photographe, utopie d'un Walt Disney, matière d'un roman de Stephen King. Par essence, une carte est déjà un mensonge. Le fameux dilemme de la représentation à plat d'une sphère. Le géographe Yves Lacoste, en 1976, écrivait : "La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre". Nouvel adage : "La géographie, ça sert, aussi, à faire littérature" (bon, on le savait déjà). Tout comme la littérature a fait du mentir-vrai son principe, offrant des imaginaires de vérité et d'indétermination. Dans ce contexte, le nouveau livre d'Olivier Hodasava est un bijou, surfant sur une vague ténue entre la réalité et le merveilleux qui gît dans toute croyance, ou toute volonté de croyance. Oui, on a envie de croire à une forme de magie, aux forces surnaturelles des lieux, à l'image de cet éclair qui foudroie au milieu de nulle part deux bimbos des campagnes. Qu'importe si tout cela est vrai ou pas, le lecteur y croit, autant que Desmond Crothers, autant que cet enquêteur, personnage méta-fictionnel par excellence, parti sur les traces d'un lieu imaginaire. Autant que tous ces personnages partageant avec le lieu une intimité de croyances et de foi. Car tout commence avec une épopée, celle d'une entreprise florissante de cartes routières. On pense à Citizen Kane et son Rosebud. Rosebud, comme Rosamond, des mystères féconds. Une épopée jusqu'au procès. Puis l'enquêteur (peut-être l'écrivain ou un autre) décide de tracer la généalogie du lieu, allant à la rencontre de la petite-fille de Desmond. Croisant Walt Disney, Stephen King et des proches de Desmond Crothers. Recueillant toutes les infos possibles, des photos aux anecdotes en passant par les on-dit, s’immisçant dans les plis et replis du réel, ses failles et silences. Résultat, "Rosamond, par un subtil effet performatif, s'était mis à exister vraiment". Vertige irréel. Tout l'objet du livre est ensuite de montrer comment.

Comme ça, s'il venait à quelqu'un d'imiter sa carte, de la copier,  avec dessus cet élément connu de lui seul, ça ne pouvait être qu'un jeu d'enfant, ensuite, de prouver le plagiat.

 Revenons à cette idée : le livre et sa construction pensés comme un film. L’œil du réalisateur et le regard du photographe nourrissent les représentations d'une ville qui finit par exister vraiment, concrètement, dans notre esprit. Lire "Une ville de papier", c'est comme regarder, bien calé dans son fauteuil, un film en noir et blanc ou un vieil album photo couleur sépia, avec la tendresse du regard bercé de mélancolie. Désir de se plonger dans les récits d'antan, de s'ouvrir aux possibles et à ces regards plein d'éclat. La prose pense en plan, en distance focale et fractales. Pose strate après strate, comme un long plan séquence à travers les époques (magie du roman!), sorte de millefeuille de temporalités. Puis floute et zoome, capture des détails dans le décor. En hors-champ, un mythe se dessine. Un livre de papier auquel l'écriture confère une étonnante profondeur de champ. Le papier et la ville deviennent substance. Expliquons-nous : Desmond crée des cartes et travestit donc la réalité, ment sur les proportions et les angles (passage de la 3D à la 2D, sphère à plan). Il crée une illusion dans l'illusion, Rosamond (l'histoire du "faux faux panneau" aussi). Mais par un étonnant renversement de perspective, de l'invention d'un nom naît un lieu (une réalité) qui en retour la nourrit jusqu'à la faire disparaître en tant que telle. L'illusion s'est effacée, a disparu. La ville a toujours existé. Ou le croit-on.
  Mais Une ville de papier est aussi une formidable histoire d'amour comme on n'en lit plus, tragique, puissante, entre Desmond et Rosamelia. Deux destins nourris par la musique et la géographie.  On vous laisse lire. Comme on appuierait sur le bouton d'un appareil photo argentique, Une ville de papier déclenche une envie immédiate de voyage, d'évasion. Et plus trivialement, aussi, l'envie de se faire avoir. Plus les souvenirs s'amoncellent, s'entourent d'anecdotes et de fictions, plus l'enquête creuse la charge émotionnelle, épaissit le fantasme du lieu. Strate après strate. Au-delà, il est question d'une vie à inventer et quand le récit glisse d'une description factuelle à la mise en abîme, le film se pare de magie. Oui, pas moins. Car il semble répondre à un fantasme ancestral, démiurgique  : inventer nos vies, faire le monde à notre image, un monde idéal, parfait, une utopie minérale et politique. A la fois fascinante et terrifiante (voir le chapitre sur les envies urbaines de Walt Disney). Entre Ebenezer Howard et sa cité-jardin, Franck Lloyd Wright et son style prairie et l'urbanisme soviétique façon Staline...

Tu vois, quand on fabrique une carte, quelle que soit la carte, on ajoute un élément fictif, une ville par exemple, une ville qui n'existe pas. On appelle ça une ville de papier — c'est joli, non, comme terme ?

  Tout géographe le sait, une carte est un enchantement, une poésie renouvelée, la possibilité d'une découverte. Une carte, c'est appréhender et s'approprier une partie du réel par l'imaginaire et, de fait, le réinventer, le magnifier, lui conférer âme et substance. Superbe paradoxe s'agissant d'une simple feuille de papier. Par laquelle chacun se fait pionnier, chercheur d'or, découvreur, conquérant, explorateur, ce bout de papier avec des couleurs répondant au désir inconscient du gamin en quête de trésor. C'est l'effet produit par ce livre qui raconte l'histoire d'un lieu qui n'existe pas. Rosamond, ville fantasmée, hommage à une femme et garde-fou d'un plagiat. Projet d'utopie urbaine. Matière d'un livre et décor pour long métrage. Labyrinthe de miroirs, miroir de représentations dont la contagion vous saisit de vertige. Musée et "déclencheur de rêveries". Rien d'autre que de l'encre sur du papier, des lettres au crayon ou des annotations. Le son et le souffle de l'épopée, mais une épopée pour initiés.
En fin de compte, si le livre est si puissant, c'est qu'il crée sa propre mythologie, avec ses héros ordinaires et leurs petites tragédies, ses références et son système narratif. Comme si l'on jouait à Sim City en vrai. Comme du Lego en réalité augmentée. Des petites briques en plastique avec une âme. Une mythologie, ses topoï, des noms, des anecdotes, des valeurs aussi à travers cette galerie de personnages très touchants, projetant leurs désirs, leurs envies et leurs souvenirs sur cette ville qui confine au mythe. Hommage, épopée, histoire d'amour, projet, Une ville de papier est tout cela à la fois et même bien plus encore. Oui, on brûle de s'y rendre. Pas à New York, pas à Los Angeles hein, mais bien à l'invisible Rosamond !
C'est comme exaucer un rêve d'enfant : je veux donner vie à cette ville née de l'imagination d'un cartographe. Il faut absolument que je le rencontre, cet homme, celui qui l'a inventée. Demain, je mets une équipe sur le coup.

Pour être franc, lecture finie, on a eu l'envie d'enquêter sur la toile, vérifier, croiser les infos, étudier les photos. Comme Desmond, comme le narrateur, comme l'auteur. Et puis non, surtout pas, ce serait la dernière chose à faire si l'on veut garder la magie intacte. Laisser infuser l'émotion qu'il procure. A l'image de cette scène finale, la découverte impromptue d'une stèle chargée d'histoires. Un bout de pierre caché par de hautes herbes, avec un grand cœur à l'intérieur... L'une de nos plus belles lectures en 2019.
 
P.S. : notre Copyright Trap sera Hermivier, plage des Tilleuls. RDV sur Instagram pour la carte (lien sur le portail du blog, en haut...).
                                                                                                                       
Une ville de papier fascinante, Desmond Olivier Hodasava Crothers , avril 2019, éditions Inculte, 135 pages émouvantes, 15.90€

Commentaires

  1. J'avais déjà entendu parler je crois de cette idée de "ville imaginaire" sur les cartes, je ne sais plus dans quel contexte... mais j'adore le principe de départ de cette histoire !! ;) <3

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Une question ? Une remarque ? Une critique ? C'est ici...

Posts les plus consultés de ce blog

77, Marin Fouqué (Actes Sud)

Premier roman pour Marin Fouqué, ou plutôt première résonance réussie tant l'écriture du jeune rappeur fait mouche dès les premières notes. Voilà pourtant un sujet peu funky, la vie d'un mec encapuchonné qui raconte sa life sous un abribus de la Seine-et-Marne, dans le sud sept sept (plus exotique) : bagarres, intimidations, pylônes, peines, voitures qui passent — gris, rouge, jaune —, sur la nationale, premiers émois, premières lattes et premières trahisons, crachats et bédos. Des potos aussi, la fille Novembre, le grand Kévin, Enzo avant le Traître et des souvenirs, des fuites, des délires d'ados dans une ville-dortoir sans âme, bien sûr, sans grandes joies, bien sûr, sans horizon tracé, bien sûr... Yo.




    Chronique d'un entre-deux coincé entre Paris et la province, la ville et la campagne, cette chanson de 200 pages décrit aussi une transition adolescente, de succès foireux en découverte d'une sexualité à part et rêves misérables. Les histoires d'une …

De pierre et d'os, Bérengère Cournut (Le Tripode)

Une banquise fracturée, une famille séparée et la quête d'une jeune Inuit, Uqsuralik, qui erre dans une immensité toute blanche en équilibre instable. Apreté des conditions où la vie s'apparente à de la survie, âpreté de paysages faussement identiques tout en nuances de blanc, tragédie des vies qui disparaissent pour mieux renaître ailleurs, De pierre et d'os explore une faille d'un autre temps où la tragédie et l'enchantement sont les deux faces d'un monde jamais tout à fait réel, comme suspendu à la menace et au manque.


     On en sait gré au Tripode de refuser l'émotion facile, immédiate, et de publier des livres qui restent en tête. Refuser le jugement rapide, défaire nos paresseuses grilles de lecture et vaines attentes de lecteur. A l'image du Prix Renaudot l'an passé (Le Sillonde Valérie Manteau), le livre de Bérengère Cournut permet de projeter un autre regard sur le monde, décentré, en prenant le temps de l'observer dans la douce c…

Par les routes, Sylvain Prudhomme (Gallimard)

Le monde est divisé en deux catégories : ceux qui partent et ceux qui restent. En littérature, les bons et les mauvais romans. Celui de Sylvain Prudhomme est au milieu, un peu mou, un peu mélancolique. Nonchalant. Pas très tonique. Limite fleur bleue. Loin d'une littérature qui gratte et accroche. C'est pesé, propre et gentillet. Un livre qui contemple et dit que les choses sont ainsi. Qu'elles pourraient être autrement si l'on prêtait davantage attention aux autres, à leur humanité, si l'on était fidèles à nos rêves d'enfant, si l'on se laissait aller à la surprise... Un livre sans question, seulement des intonations et des réponses.



   Voilà un livre souvent agaçant. D'autant plus agaçant qu'il n'est pas nul. Par les routes est d'abord un livre baba cool avec des personnages têtes à claques. L'un, Sacha, est artiste, casanier, un peu rêveur et un peu paumé à quarante balais (je crois). L'autre, l'autostoppeur, a la bougeot…

La Fabrique du rouge, Ariane Jousse (Éditions de l'Ogre)

Décidément, on aime bien les forêts aux éditions de l'Ogre. Comme chez tant d'autres où la forêt est (ou devient) un topos littéraire. Moins la forêt d'ailleurs que des rencontres, des interactions entre des "héros" en quête — qui (se) cherchent—, et une Nature qui filtre, révèle en nous confrontant à un élan. Animal, vital. Pour mieux, à notre tour, saisir notre sauvagerie. Autant les forêts mentales que physiques, donc. Après la forêt pas si verte de Grégory Le Floch en début d'année (Dans la forêt du hameau de Hardt), nous voilà donc plongés dans la forêt pas si rouge d'Ariane Jousse. Oui, les fantômes et les mots, drapés de mille nuances, ont encore des choses à nous dire sur la magie du langage. Ou est-ce l'inverse ?

   Disons-le d'emblée, on n'a pas tout compris à ce livre-hybride que l'on s'interdira d'étiqueter. Réflexe facile et vain de lecteur-chroniqueur. Toujours rassurant d'affubler un mot-valise à ce qui no…

Samedi soir, dimanche matin / Alan Sillitoe (L'Échappée)

Classe de mer, Benjamin Taïeb (Lunatique)

Aux éditions Lunatique, Le Collège de Buchy (Jérémie Lefebvre) décrivait la folie collective qui s'emparait d'une meute d'ado pour qui infliger la souffrance relevait du jeu sans conséquence. C'était noir, clinique, saisissant. Dans un autre registre, plus factuel et (faussement) naïf, Benjamin Taïeb ne parle pas d'autre chose : de souvenirs d'enfance, d'un trauma lointain, quand quatre de ses "meilleurs amis" s'amusaient à le faire souffrir, à le rouer de coups, dans le ventre, le dos. Problème sans fin, actuel. Sujet littéraire ô combien délicat. Mais Benjamin Taïeb trouve l'exacte distance avec des mots sobres, justes. Dans un format court.


   Plutôt que d'accuser, juger ou tirer des larmes, Benjamin Taïeb s'interroge : sur l'aveuglement  d'adultes passifs occupés à régler leurs problèmes, sur l'indifférence des institutions, sur le silence qu'on s'inflige par honte coupable, sur les réflexes de groupe mo…

Sur la route du Danube, Emmanuel Ruben (Rivages) ★★★★★

Lendemains d'élections européennes. Gueule de bois. On préfèrera le "blues du Danube" d'Emmanuel Ruben, auteur du splendide et nécessaire Sur la route du Danube, odyssée cycliste, quête d'une perte et tableau vivant d'une Europe des confins. Emmanuel Ruben n'a pas l'ambition d'enfiler les KOM sur Strava mais plutôt de se la couler douce le long du Danube en mode endurance et observation. Très louable et noble ambition. Il arpente, enregistre et délivre par le filtre d'une plume inspirée. Alors quand, dans un ambitieux road-trip de 600 pages et 4000 kms, il nous invite à prendre sa roue bien calés sur notre selle, mains au creux du cintre, tête baissée mais l’œil attentif, on enfourche notre bicloo face au fleuve de fer qu'est Éole, on se dresse fièrement sur les pédales et on se lance dans l'aventure vélocipédique le long de ces méandres d'un autre temps, figés dans la nostalgie d'une Europe pleine de rêves. Déchus par…

Bleuets, Maggie Nelson (Éditions du sous-sol)

Livre plein de couleurs et de chaleur, ce Bleuets, signé Maggie Nelson, a le charme des conversations au coin du feu : sérieuses et badines, légères et profondes. Un verre à la main, le regard levé vers les étoiles, en direction de "la galaxie laiteuse et bleu marine de Fantasia". Un livre sur le bleu et ses mille nuances en 240 fragments. Je n'ai presque rien retenu de ce livre acheté au hasard — tout m'échappe — mais j'en garde déjà un souvenir ému. Alors d'où vient ce miracle de lecture ?


     Bleuets ne raconte pas une histoire mais avance par fragments, pensées diffuses, aphorismes lucides et impressions.  Cite Deleuze et rappelle Cohen pour mieux partir et suggérer un temps suspendu à l'instant présent. Non pas les états d'âme d'une femme éplorée dans une version sinistre mais la douce langueur d'une intimité partagée, la mélancolie rêveuse de soirées que l'on aimerait sans fin. Bleuets sécrète une ambiance, la nourrit de son ét…

Paysage augmenté, Mathilde Roux et Virginie Gautier (publie.net) ★★★★☆

Objet à part, ce "Paysage augmenté" interroge notre rapport à l'espace et à la découverte. Ni un roman, ni une BD, encore moins un livre d'illustration, ce livre offre, l'espace d'une centaine pages et de quarante jours d'errance attentive, l'occasion de flâner dans un territoire à inventer à partir de cartes et de textes. Comme une exploration curieuse et inquiétante en milieu inconnu, peu à peu investi par les mots. Par les sensations aussi, visuelles et olfactives. Un livre placé sous le signe des pionniers et de leur soif de découverte. Des pionniers prêts à affronter le mystère, à dessiner une terra incognitae source de danger et d'enchantement.Pour repères, faire confiance à l'observation. Puis inventorier, organiser, classer à mesure de la progression : utilisation de symboles vaguement alphabétiques, indices sibyllins et toponymie au mystère suggestif (la Zone Urbaine, Territoires, Continent, Territoire d'Ancienne, District Oues…

Ceux que je suis, Olivier Dorchamps (Finitude)

Ceux que je suis évoque les douleurs de l'exil et du déracinement, l'identité de ceux qui croyaient en avoir une et se découvrent apatrides, la quête trouble des origines. Chez eux partout, nulle part chez eux. L'immigration et son histoire au prisme du deuil, la mélancolie de ce que l'on ne sera plus jamais, c'est l'horizon tout en retenu déployé par Olivier Dorchamps pour son premier roman. Réussi dans sa façon de se tenir loin de tous les poncifs et clichés du genre. Une entreprise ô combien délicate.

  Les premières pages, naïves, inquiètent. Le roman évoque un prof' d'Histoire-Géographie, Marwan, Français d'origine marocaine qui a brillamment réussi l'agrégation et vient de se faire larguer par sa copine un brin bobo, Capucine. Un père qui décède sans prévenir en France et veut se faire enterrer au Maroc, son pays. Le roman bifurque alors rapidement sur les territoires de l'identité, dans cet espace d'entre-d'eux où l'on n&#…